Le chef de l’armée algérienne s’est exprimé sur la crise politique qui secoue le pays et a affirmé «que pour chaque problème existe une solution, voire plusieurs» qui peuvent être mises en application «au moment propice», selon un communiqué du ministère de la Défense.

Au premier jour de sa visite d’inspection à la 3e région militaire dans la wilaya de Béchar, dans le sud-ouest de l’Algérie, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne, a affirmé que la crise politique qui secoue le pays «a une solution, voire plusieurs» qui peuvent être apportées «au moment propice», selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN). Tout en saluant le sens des responsabilités et «le civisme» des manifestants, il a appelé à la vigilance contre les risques d’ingérences «de parties étrangères hostiles».

«Toute personne sage et circonspecte est consciente […] que pour chaque problème existe une solution, voire plusieurs, car les problèmes, aussi complexes qu’ils soient, trouveront indéniablement une solution convenable, voire adéquate», a déclaré le chef de l’état-major de l’ANP. «Ainsi, nous avons l’intime conviction qu’un sens aiguisé de responsabilité est requis pour apporter ces solutions au moment propice […]», a-t-il poursuivi.

Évoquant les manifestations qui se déroulent dans le pays depuis le 22 février contre un 5e mandat du Président Abdelaziz Bouteflika, M.Gaïd Salah a souligné que «le peuple algérien a fait preuve, aujourd’hui dans les circonstances actuelles, d’un grand sens de patriotisme et d’un civisme inégalé, qui dénotent d’une profonde conscience populaire ayant suscité une vive admiration partout dans le monde».Dans le même sens, il s’est félicité de l’absence de débordements lors des manifestations et a affirmé que «je suis parfaitement convaincu que le peuple algérien […] dispose des aptitudes nécessaires pour éviter à son pays toute conjoncture pouvant être exploitée par des parties étrangères hostiles».

En cas d’incapacité avérée du chef de l’État à assumer ses fonctions, la Constitution algérienne prévoit dans son article 102 la possibilité au Conseil constitutionnel de constater la vacance du poste du Président de la République et de le proposer comme tel au Parlement. Dans ce cas, c’est au président du Sénat d’assumer les fonctions du chef de l’État et d’organiser dans un délai de 90 jours des élections présidentielles auxquelles il ne peut être candidat.

Le 15 mars, des centaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre d’Alger et dans d’autres villes du pays pour exiger le départ du Président Abdelaziz Bouteflika, démuni par la maladie, et maintenir la pression sur les autorités qui ont proposé lundi une feuille de route pour la transition rejetée par l’opposition. Il s’agit des manifestations les plus imposantes dans le pays depuis le début de la contestation le mois dernier. De nouveaux appels sont massivement relayés sur les réseaux sociaux pour une nouvelle manifestation nationale le vendredi 22 mars.

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