La veille de l’acte 19 de la mobilisation des Gilets jaunes, le chef de file de La France insoumise a appelé les militaires de Sentinelle à ne pas obéir à toute consigne «contraire à leur honneur». Selon le Premier ministre français, le déploiement de cette force ne vise «en aucune manière» à «maintenir l’ordre».

Vendredi, depuis l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel aux militaires de Sentinelle déployés ce samedi à Paris. Faisant part de sa confiance «totale» en les militaires, le leader de La France insoumise leur a demandé de ne pas tirer sur les manifestants.

«Nous leur demandons conformément au droit qui leur est reconnu et au devoir qui leur est imposé de n’accomplir aucun acte contraire aux coutumes de la guerre et aux conventions internationales et quand bien même ils en recevraient l’ordre qu’ils n’y obéissent pas, qu’ils ne tirent pas […] N’obéissez qu’aux ordres conformes à l’honneur de votre engagement et à votre devoir d’obéissance à la patrie», a-t-il lancé.

Il a également appelé les Gilets jaunes à «une mobilisation intense ce samedi» tout en soulignant que «la violence ne peut ni ne doit jamais être une stratégie».

«J’appelle tous ceux qui y participeront à faire tout ce qui est en leur pouvoir avec les méthodes pacifiques auxquelles ils doivent se tenir pour qu’aucune provocation ne soit possible», a-t-il précisé.

Plus tôt cette semaine, Jean-Luc Mélenchon avait critiqué l’emploi de la force Sentinelle lors d’un débat avec les chefs des principaux grands partis politiques organisé le 20 mars sur BFM TV.

Dans une lettre de réponse à Jean-Luc Mélenchon, le Premier ministre français s’est dit «attristé» par les «polémiques» et les «rumeurs» autour de la mobilisation de la mission Sentinelle samedi lors des manifestations des Gilets jaunes.

Il a assuré que «la lutte contre le terrorisme» était «l’unique vocation du dispositif Sentinelle».

«En aucune manière, il ne saurait être question d’engager des militaires des armées pour maintenir l’ordre, encore moins de les positionner en face des manifestants», a précisé Édouard Philippe.

Le gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Leray, avait indiqué vendredi sur France info que les militaires avaient «différents moyens d’action pour faire face à toute menace». Selon lui, «ça peut aller jusqu’à l’ouverture du feu», dans les cas où «leur vie ou celle des personnes qu’ils défendent est menacée».

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