Le pouvoir vénézuélien a accentué jeudi la pression sur Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, en le déclarant inéligible durant 15 ans, une sanction aussitôt rejetée par le chef de file de l’opposition.

Cette décision a fait monter la tension dans ce pays pétrolier paralysé par une nouvelle panne d’électricité massive depuis lundi et qui compte deux dirigeant rivaux se disputant le pouvoir : le chef d’Etat socialiste Nicolas Maduro et le député de centre-droit Juan Guaido.

Sur la scène internationale aussi, la tension ne redescend pas entre Washington et Moscou à propos de la présence de soldats russes au Venezuela: ce pays d’Amérique du Sud est devenu un point de friction supplémentaire de la nouvelle Guerre froide opposant les deux géants.

A Caracas, le Contrôleur général de la République, Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l’administration au Venezuela, a décidé jeudi à la mi-journée « d’interdire l’exercice de toute fonction élective au citoyen (Juan Guaido) pour la durée maximum prévue par la loi », soit 15 ans, pour corruption présumée, a-t-il déclaré à la télévision d’Etat.

Selon M. Amoroso, jugé proche du pouvoir en place, l’opposant n’a pas justifié, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses réalisées au Venezuela et à l’étranger avec des fonds provenant d’autres pays.

« Il a réalisé plus de 91 voyages hors du territoire pour un coût supérieur à 310 millions de bolivars (quelque 94.000 dollars au taux actuel), sans justifier l’origine de ces fonds », a expliqué le Contrôleur, qui a demandé au parquet d' »exercer les actions correspondantes », sans plus de précision.

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