La formation d’un gouvernement essentiellement composé de technocrates ne semble pas de nature à apaiser la rue toujours mobilisée pour obtenir le départ du président Abdelaziz Bouteflika en Algérie, où des médias s’interrogent ouvertement sur une possible démission prochaine du chef de l’Etat.

Quelques centaines de personnes ont manifesté dans la nuit à Alger après l’annonce dimanche soir de ce gouvernement assez terne, loin du rajeunissement annoncé, dont les nouvelles têtes sont essentiellement des hauts fonctionnaires.

Et qui reste composé pour plus du quart (8 sur 28) de ministres de la précédente équipe, dont les deux poids lourds: le Premier ministre Noureddine Bedoui et le général Ahmed Gaïd Salah, numéro 2 dans l’ordre protocolaire.

M. Bedoui, un fidèle de M. Bouteflika, a été décrié dès sa nomination, le 11 mars, en raison de ses précédentes fonctions de zélé ministre de l’Intérieur, peu à même d’inspirer confiance à la contestation.

Il aura mis 20 jours pour former son gouvernement, annoncé comme devant gérer les affaires courantes durant une « transition » annoncée à une date incertaine.

Inamovible chef d’état-major de l’armée depuis 15 ans, le général Gaïd Salah, conserve son portefeuille de vice-ministre de la Défense qu’il détient depuis 2013, après avoir semblé engager un bras de fer avec l’entourage présidentiel.

Fidèle indéfectible de M. Bouteflika jusqu’à il y a peu, le général Gaïd Salah a fermement réitéré dimanche la nécessité du départ du pouvoir, avant la fin de son mandat le 28 avril du chef de l’Etat, lâché durant la semaine par une bonne partie de ses soutiens.

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