«Un homme, 78 ans, à Pau. Une enfant , 2 mois, en Ile-de-France…»: le Collectif des morts de la rue a rendu hommage aujourd’hui à Paris aux 566 sans-abri décédés en France en 2018, dont 13 mineurs, afin de briser leur «invisibilité».

désinvisibiliser ces personnes et à lever l’opacité qui entoure leurs conditions de mort et de vie», explique à l’AFP Géraldine Franck, la présidente de cette association qui recense depuis 2002 les morts dans la rue à partir de signalements et d’articles de presse. Le chiffre est «extrêmement sous-évalué» et est, en réalité, «cinq à six fois» plus important, selon elle.

Dans un jardin du Xe arrondissement, entre la gare de l’Est et le canal Saint-Martin, «un quartier où vivent et meurent les personnes sans domicile» comme le précise le collectif, bénévoles et passants ont lu des témoignages sur les personnes décédées. Des fleurs accompagnées d’une étiquette présentant les noms, âges, dates et lieux de décès de chacun ont également été disposées au milieu des allées du jardin, formant un chemin de copeaux rouges.

«On meurt de tout dans la rue», témoigne auprès de l’AFP Sophie Papieau, membre du collectif, qui a vécu 20 ans dans la rue jusqu’en 2013. Agressions, suicides et accidents sont la cause d’un décès sur quatre, un autre quart des disparitions n’est pas expliqué, selon l’association. D’après ces chiffres, les sans-abri décédés en 2018 ont disparu à l’âge de 48 ans en moyenne, bien loin de l’espérance de vie en France (79,2 ans pour les hommes ; 85,3 pour les femmes).

En 2017, 510 personnes étaient mortes dans la rue, selon les chiffres du collectif. Le nombre de personnes sans domicile en France était estimé à 143.000 en 2012 par l’Insee, le nombre de sans-abri à 12.700.

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