Un des chefs de la police britannique a appelé aujourd’hui les responsables politiques à la «modération» pour éviter d’exacerber les tensions que suscite le Brexit au Royaume-Uni.

«Comme nous le savons tous, il s’agit d’une question qui suscite beaucoup d’émotion» et génère un «climat incroyablement fébrile», a déclaré lors d’une rencontre avec la presse Martin Hewitt, chef du Conseil national des chefs de la police (NPCC), un organisme de coordination des forces de police britanniques.

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«Il est de la responsabilité des personnes qui bénéficient d’une plate-forme (parti politique, organisation – réd), une voix, de communiquer de manière modérée, pour ne pas enflammer les débats», a-t-il ajouté. Le nombre d’infractions liées au Brexit, bien que faible, a plus que doublé récemment, passant de 11 la semaine du 18 mars, à 26 la semaine suivante. Début 2019, des dizaines de parlementaires avaient écrit au chef de la police de Londres pour signaler une «détérioration de l’ordre public et de la sécurité» autour du parlement de Westminster.

Les élus avaient pris cette décision après que des partisans du Brexit eurent agressé verbalement des personnalités pro-UE, encerclant notamment la député anti-Brexit Anna Soubry en la traitant de nazie. Initialement prévu le 29 mars, le Brexit a été reporté au 12 avril au plus tôt en raison de l’incapacité des députés et du gouvernement britanniques à tomber d’accord sur les conditions de ce divorce historique. Cet ajournement a provoqué la colère de nombreux Brexiters, inquiets de se voir déposséder de ce pour quoi ils ont voté lors du référendum du 23 juin 2016, qui a décidé de la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

«Il y a beaucoup de colère qui s’exprime sur les réseaux sociaux», a souligné Martin Hewitt. «Dans un contexte comme celui-ci, (…) il incombe à toute personne qui occupe un poste à responsabilités de réfléchir attentivement à la façon dont elle s’exprime». Dans le cadre des plans d’urgence nationaux, plus de 10.000 policiers anti-émeutes peuvent être déployés n’importe où dans le pays dans les 24 heures. Mille policiers ont également reçu une formation supplémentaire pour pouvoir être déployés en Irlande du Nord en cas de besoin, le sujet de la frontière irlandaise étant un des principaux points de crispation du Brexit.

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