Les puissances européennes sont incapables de contourner les sanctions américaines imposées contre Téhéran après le retrait de Washington du traité nucléaire avec l’Iran, a déclaré hier le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif.

L’Iran et six puissances mondiales ont conclu en 2015 un accord limitant sévèrement les activités nucléaires iraniennes, en échange d’un allègement des sanctions et d’une relance des relations économiques.

Toutefois, le président Donald Trump a retiré son pays de cet accord – appelé techniquement Plan d’action global commun (PAGC) – en mai dernier, tout en réimposant des sanctions contre la République islamique. Les autres pays qui font partie de cet accord – la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie ensemble avec l’Union européenne – insistent néanmoins qu’ils restent engagés à le mettre en oeuvre. «Les Européens ont d’abord vu le PAGC comme une réalisation, mais peut-être ils n’étaient pas préparés pour ça, et certainement ils n’étaient pas capables de se lever contre les sanctions américaines», a dit Javad Zarif dans une interview accordée à Khamenei.ir, le site officiel du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

«Nous allons continuer à faire pression sur les Européens pour qu’ils mettent en oeuvre leurs engagements. L’Europe doit savoir qu’elle ne peut pas éviter sa responsabilité par quelques déclarations et certains plans inachevés», a-t-il poursuivi. Javad Zarif, qui avait été le négociateur en chef de son pays pour cet accord nucléaire, a affirmé que malgré les pressions sur les pays européens, l’Iran «ne s’est jamais fait d’illusions». En revanche, la République islamique s’est orientée vers ses partenaires traditionnels comme la Russie et la Chine. «L’avenir de notre politique étrangères est dans cette direction là», a-t-il indiqué.

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