Le site Mediapart a révélé une tentative de la direction générale des finances publiques de faire pression sur les grévistes des impôts, dont le mouvement ne cesse depuis des semaines en Haute-Garonne. Ce geste brutal ne fait que raviver le conflit qui venait de se calmer, selon le média.

La direction générale des finances publiques (DGFIP), dépendant du ministère français des Finances, a entrepris une tentative de réprimer de manière «brutale» le mouvement des grévistes des impôts qui se poursuit en Haute-Garonne depuis plusieurs semaines, selon Mediapart. Les employés des centres des finances publiques bloquent leurs établissements pour dénoncer notamment les plans du gouvernement de supprimer 22.000 emplois en trois ans et 35.000 en 15 ans.

Devant le tribunal administratif de Toulouse, la DGFIP a ainsi accusé les grévistes de «blocage» et de faire durer un mouvement entraînant, selon ses avocats, des «entraves à la liberté de travail» et des «perturbations de missions de services publics». Ayant assigné en référé «les secrétaires des quatre organisations de l’intersyndicale (CGT-Solidaires-FO-CFDT) et une quarantaine d’agents des impôts du département», la DGFIP a déposé une requête au tribunal qui, cependant, l’a rejetée.

Ainsi, comme l’explique le média, le juge ne considère pas la situation comme urgente et note qu’«il n’est pas établi que ces blocages se seraient poursuivis au-delà de la date du 28 mars 2019, dernière journée d’action nationale». Il estime également que «la demande du directeur régional des finances publiques d’Occitanie et du département de la Haute-Garonne tendant à ce que soit ordonnée l’évacuation sous astreinte des sites en cause est devenue sans objet».

Menacés d’«une astreinte, non rétroactive, de 1.000 euros par personne et par jour de blocage», les représentants de l’intersyndicale ont été convoqués par la direction régionale. Un huissier leur a alors remis leurs assignations.

Cet épisode s’est déroulé au moment où les blocages étaient levés depuis déjà quelques jours «sur l’ensemble des sites», en attendant notamment la réunion du comité technique prévue lundi prochain, «censée permettre la reprise des négociations locales».

«Nous irons lundi à la réunion pour déposer sur le bureau une lettre signifiant que l’on veut désormais des représentants nationaux de la direction et des syndicats autour de la table», a déclaré Jean-Marc Servel de la CGT, l’un des quatre secrétaires assignés ès qualités.

Nicolas Thirion, secrétaire national de la fédération finances publiques de la CGT, présent mercredi au tribunal administratif de Toulouse, a affirmé qu’Hugues Perrin, en poste à la direction régionale Occitanie de la DGFIP depuis avril 2018, avait «été le numéro 3 de Bercy» et «n’aurait jamais fait ça sans l’assentiment de Bruno Parent [le directeur général de la DGFIP], voire de Gérald Darmanin».Mediapart affirme avoir essayé de joindre la DGFIP de Toulouse pour avoir une confirmation, mais sans succès. Selon le média, la direction doit être occupée en ce moment, puisque sa «tentative de répression brutale n’a fait que raviver» le conflit: au cours de la semaine, «plusieurs antennes départementales de la DGFIP ont adopté des motions de soutien aux grévistes de Haute-Garonne».

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