L’Union européenne refuse de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan et juge dangereuse la volonté de modifier le tracé des frontières manu militari, a affirmé ce mardi la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini au Parlement européen.

«L’UE ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés et cette position, réitérée maintes fois, s’applique pour le plateau du Golan» annexé en 1967 par l’Etat hébreu, a-t-elle déclaré lors d’un débat avec les eurodéputés réunis à Strasbourg pour leur dernière plénière avant les élections européennes. «Modifier des frontières manu militari est une idée dangereuse. Les normes internationales doivent être respectées», a-t-elle insisté.

37 anciens ministres des Affaires étrangères et dirigeants européens, dont le Belge Guy Verhofstadt, chef du groupe de l’Alliance des Libéraux et démocrates européen (ALDE), ont demandé lundi par lettre à Federica Mogherini de réaffirmer la position de l’UE pour contrer Donald Trump. Le président américain s’est prononcé le 21 mars en faveur de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan, une décision en rupture avec la position des Etats-Unis depuis des décennies.

«L’Union européenne considère Israël et les Israéliens comme des amis et des partenaires. Elle considère l’autorité palestinienne et les Palestiniens comme des amis et des partenaires. Elle considère l’administration américaine et les Américains comme des amis et des partenaires. Réaffirmer notre position de manière claire et unie ne signifie pas être hostiles à des interlocuteurs qui ont entre-temps changé leur fusil d’épaule», a-t-elle soutenu en réponse à des critiques formulées par des élus. «Modifier des frontières manu militari est une idée dangereuse. Les normes internationales doivent être respectées», a-t-elle insisté.

Federica Mogherini a également réitéré le soutien de l’UE à la reconnaissance de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et dans des frontières reconnues et sûres, avec Jérusalem comme capitale. «Abandonner la solution des deux Etats L’UE n’apportera que le chaos au Proche-Orient», a-t-elle averti. «L’UE est très claire sur sa position et appelle à de nouvelles négociations de paix», a-t-elle insisté. «Le processus de paix n’existe plus, mais nous voulons tenter de le relancer», a-t-elle conclu.

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