La justice britannique a condamné jeudi à 10 mois de prison ferme un homme auteur d’emails menaçants, et à caractère raciste, envoyés à des députés qui avaient tous voté contre le Brexit lors du référendum de juin 2016.

Jarod Kirkman, 51 ans, était poursuivi pour des menaces adressées aux députées travaillistes Yvette Cooper et Jenny Chapman, à la conservatrice Nicky Morgan, à Heidi Allen et Sarah Wollaston du Groupe indépendant et au député indépendant Nick Boles, entre le 4 décembre 2018 et le 21 janvier 2019. Selon le Crown Prosecution Service (CPS), service chargé de l’accusation au Royaume-Uni, il était également accusé de «harcèlement aggravé par des motifs racistes» à l’égard du député travailliste David Lammy.

Parfois intitulés «Traître au Brexit» («Brexit Traitor»), certains de ces messages, envoyés à partir d’adresses anonymes, contenaient des menaces de mort. «Vos jours sont comptés», avait-il écrit à Nicky Morgan. «Avec du Polonium ou du Novitchok (deux poisons que Londres accuse Moscou d’avoir utilisé contre des dissidents russes au Royaume-Uni, ndlr) ? Vous ne le saurez jamais, mais attendez-y vous bientôt».

Jarod Kirkman avait été identifié par la police grâce à son adresse IP personnelle. Il avait été arrêté chez lui, à Luton, au nord de Londres, le 29 janvier. Il a plaidé coupable lors de l’audience.

«Vous avez délibérément ciblé des députés, vous avez menacé de les tuer», a déclaré la juge Emma Arbuthnot. «Le message doit être clair: les personnes qui menacent les députés menacent notre processus démocratique». Le CPS a souligné que la motivation de Jarod Kirkman résidait dans «la position adoptée par chacun de ces députés à l’égard du Brexit». Après la condamnation, la députée Nicky Morgan a «remercié» la police pour son «action rapide», ainsi que la juge. «J’espère que la condamnation d’aujourd’hui enverra un message à quiconque voudrait formuler de telles menaces», a-t-elle estimé.

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