L’architecte sino-américain restera célèbre pour avoir construit la très controversée pyramide dans la cour du Louvre. Il a aussi conçu de multiples édifices de styles différents aux États-Unis et en Chine. Il s’est éteint à l’âge de 102 ans.

 

L’architecte américain d’origine chinoise Ieoh Ming Pei est mort à 102 ans. Son fils Li Chung Pei l’a annoncé jeudi après-midi au New York Times, expliquant que l’architecte était décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à son domicile de Manhattan.

Plus de trente ans, déjà, que la pyramide de verre, d’acier et d’aluminium trône au milieu de la cour Napoléon, couvrant l’entrée principale du musée du Louvre. En France, le nom de Ieoh Ming Pei est intimement lié à ce geste architectural, ô combien controversé. Le ballet d’hommes acrobates lavant régulièrement son parement en verre feuilleté supporté par une structure métallique pesant 200 tonnes rappelle à chacun l’audace de cette structure recouverte de 603 losanges et 70 triangles. À l’époque, certains avaient crié au scandale. Aujourd’hui, la pyramide du Louvre fait partie du paysage.

En tant que Chinois, Pei a une compréhension de la civilisation antique et, comme Américain, il a un esprit moderne. Il fait trois voyages secrets dans la capitale française afin de déterminer la faisabilité de ce projet crucial pour l’avenir du projet. Il faut voir plus loin. Le taux de fréquentation du musée lui a donné raison. La critique se déchaîne, notamment dans Le Figaro et Le Monde, sous la plume de l’historien d’art André Fermigier. Certains estiment que c’est un «ruineux gadget», d’autres accusent François Mitterrand de «despotisme» pour vouloir infliger à Paris une telle «atrocité». Pei estime que 90 % des Parisiens sont opposés à son projet. La presse avait été plus virulente encore que pour le Centre Pompidou, inauguré en 1977. «La pyramide s’inscrivait dans un monument central de l’histoire de France et dans une période d’affrontement idéologique très fort», rappelle Jack Lang, qui lui a consacré un livre (Les Batailles du Grand Louvre, 2010, éditions de la RMN). Ieoh Ming Pei avait eu du mal à se remettre de son passage devant la Commission supérieure des monuments historiques en janvier 1984.

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