Réagissant aux révélations sur un éventuel chargement d’armes françaises vers l’Arabie saoudite, la CGT des ouvriers dockers et des personnels de la manutention portuaire du Golfe de Fos a annoncé que ses membres «ne chargeront aucune arme, aucune munition pour quelle guerre que ce soit».

À Marseille, la CGT des ouvriers dockers et des personnels de la manutention portuaire du Golfe de Fos a déclaré dans un communiqué sur Facebook que ses membres «ne chargeront aucune arme, aucune munition pour quelque guerre que ce soit».

Cette déclaration intervient suite à une information parue dans Disclose faisant état d’un chargement de munitions de canons Caesar sur le cargo saoudien Bahri Tabuk et à destination de l’Arabie saoudite.

«Fidèles à notre histoire et nos valeurs de paix, notre syndicat combat toutes les guerres du globe nous nous battons contre l’impérialisme, contre la déstabilisation de certains pays, contre le pillage des ressources premières, contre toutes ces guerres géopolitiques», poursuit le texte.

Laurent Pastor, secrétaire général de la CGT des dockers de Fos, a en outre assuré à France 3 avoir «demandé au consignataire et au fournisseur, des documents officiels qui attestent que nous chargerons du matériel civil, destiné aux civils, et en aucun cas du matériel militaire».Un représentant en France de la société Shipping Agency Service, qui représente en France l’armateur saoudien Bahri, a quant à lui qualifié de «bidon» les informations du média, soulignant que «le navire va charger demain [mercredi 29 mai, ndlr], pour le compte de [l’entreprise allemande] Siemens, des stations mobile d’électricité à usage civil, et cela représente 100% de sa marchandise».

Auparavant, le média d’investigation Disclose avait révélé l’utilisation par la coalition menée par l’Arabie saoudite de nombreuses armes de fabrication française dans la guerre au Yémen.

Ces informations, basées sur un rapport classé «confidentiel Défense» de la Direction du renseignement militaire (DRM), contredisent totalement les déclarations sur l’usage défensif d’armes de fabrication françaises faites ces derniers temps par les autorités françaises, incluant Florence Parly et Jean-Yves Le Drian.La ministre des Armées et le ministre des Affaires étrangères seront auditionnés à partir de la rentrée parlementaire par la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat au sujet de ces ventes d’armes.

Le conflit yéménite a fait des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, environ 3,3 millions de personnes ont dû quitter leur foyer et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon les estimations de l’Onu.

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