Des associations de la société civile tunisienne ont dénoncé l’ouverture, fin mai, d’une école juive exclusivement réservée aux filles. Elles ont par ailleurs demandé aux autorités de préserver le caractère républicain de l’école tunisienne, lieu de «l’apprentissage du vivre en commun, le respect de l’autre et la conquête de l’égalité».

Dans un communiqué publié sur son compte officiel sur Facebook, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a vivement réagi à l’ouverture, fin mai, d’une école juive exclusivement réservée aux filles. L’AFTD a alerté l’opinion publique contre «la radicalisation rampante» et a appelé les autorités à préserver «les écoles publiques, républicaines et mixtes». L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a joint sa voix à celle de l’ATFD.

De prime abord, pour écarter toute interprétation tendancieuse de sa position, l’ATFD a tenu à signaler que le moment choisi pour l’ouverture de cette école juive coïncidait avec «la déclaration du président du Centre d’études Islam et Démocratie, Radhouane Masmoudi». Ce dernier avait «dénoncé la fermeture de certaines écoles coraniques dans le passé, et a appelé à la séparation des filles et des garçons dans les établissements scolaires», a ajouté le même communiqué.

Rappelant son attachement fort aux valeurs de laïcité et de l’égalité et son opposition à toute tentative d’endoctrinement et d’embrigadement religieux des enfants de quel bord qu’il soit, l’ATFD a appelé «les autorités compétentes à assumer leurs responsabilités». Dans ce sens, elle leur a rappelé leur devoir de «défendre l’école publique, républicaine et mixte qui constitue un rempart contre la montée des extrémismes et les résistances des sphères religieuses archaïques et rétrogrades de tout bord».

En conclusion, l’association féminine a rappelé que «la mixité scolaire est un acquis fondamental pour l’apprentissage du vivre en commun, le respect de l’autre et la conquête de l’égalité».

Pour sa part, le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Sami Tahri, a indiqué que «l’enseignement en Tunisie est public, unifié et civil». «L’école juive des filles est hors la loi et son inauguration par un ministre du gouvernement Chahed est une violation de la loi et de la Constitution», a-t-il ajouté, selon le site Business News.Selon le même média, Moché Lewin, conseiller spécial du grand-rabbin de France, s’est félicité de l’ouverture de cette école, indiquant qu’«auparavant, ces écolières poursuivaient leur scolarité dans trois sites de 80 mètres carrés chacun, qui faisaient office d’école». «Inaugurer une école juive de 1300 mètres carrés en terre d’islam est exceptionnel», a-t-il ajouté, souhaitant tout le succès à ce nouvel établissement scolaire.

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