Une œuvre qui associe messe catholique et appel à la prière musulman a retenti fin mai entre les murs de la cathédrale parisienne Saint-Louis des Invalides, suscitant l’indignation d’une centaine d’officiers et de sous-officiers.

Lors d’une soirée organisée le 22 mai dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides par l’ambassade du Kosovo pour commémorer la fin de la guerre, une œuvre comprenant un appel à la prière islamique a retenti entre les murs de l’édifice catholique, créant la polémique.

Selon La Croix, il s’agit de l’œuvre «L’homme armé, une messe pour la paix» de Karl Jenkins qui «associe l’ordinaire de la messe catholique à des psaumes bibliques mais aussi à l’appel à la prière islamique», l’adhan. Une courte vidéo, filmée pendant la soirée, a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l’émotion de certains internautes. L’appel à la prière islamique y est chanté en arabe, ce que certains ont – à tort – interprété comme des citations du Coran.Les internautes ont été divisés: certains ont salué un «symbole de tolérance», d’autres ont exprimé leur colère au Diocèse, qui a réagi une semaine plus tard dans un communiqué.

«Le Diocèse souhaite rappeler qu’il est simple utilisateur de la cathédrale, dont le musée de l’Armée est affectataire», détaille le texte, précisant que «seuls les offices religieux relèvent de l’autorité de l’Évêque aux Armées, en lien avec le Gouverneur des Invalides».

De son côté, l’évêque aux Armées, monseigneur Antoine de Romanet, s’est fendu d’une «prière d’invocation et d’intercession au cours de la messe de la solennité de l’Ascension» qui se tenait le 30 mai et s’est désolidarisé ainsi totalement de la démarche du musée des Armées.

De plus, 100 officiers et sous-officiers ont dénoncé dans une tribune ce qu’ils considèrent être «une profanation, infiniment scandaleuse autant que douloureuse à nos cœurs d’officiers et sous-officiers français et chrétiens». Ils ont demandé que «le Diocèse aux Armées soit désormais systématiquement saisi par les autorités décisionnaires de toute demande d’organisation de « concert » ou autre événement « artistique » dans ce haut lieu de la Foi chrétienne, si symbolique et important pour nos Armées françaises».La Croix rappelle que l’œuvre de Karl Jenkins a été interprétée dans «d’innombrables églises en France et dans le monde», citant l’exemple de la cathédrale de Lille, qui l’avait fait jouer à l’occasion des commémorations de la Grande Guerre ou encore en 2018 à Notre-Dame d’Afrique, à Alger.

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