Un puissant homme d’affaires algérien, Mahieddine Tahkout, patron notamment d’une usine de montage automobile et proche du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été inculpé et placé ce lundi en détention préventive dans des affaires de corruption, a annoncé un de ses avocats à l’AFP.

Ancien petit commerçant, Mahieddine Tahkout, qui a fait fortune dans le secteur du transport universitaire, dont il a obtenu un vaste part via des contrats publics, a été écroué en compagnie de trois membres de sa famille, dirigeants du groupe Tahkout. «Mahieddine Tahkout, son fils et deux de ses frères ont été incarcérés ce (lundi) matin. On lui reproche des faits de corruption et de blanchiment d’argent», a déclaré à l’AFP son avocat Me Khaled Bourayou. Les chefs d’accusation regroupent «un condensé du code pénal et des lois anticorruption», s’est insurgé l’avocat, «on a puni 14.600 travailleurs, décapité toute une famille et tout un groupe».

Mahieddine Tahkout et ses proches étaient entendus depuis dimanche par la justice à Alger, en compagnie notamment de l’ex-premier ministre Ahmed Ouyahia, de responsables de l’Office national des Œuvres universitaires (Onou), des ministères des Transports et de l’Industrie, et de l’Agence nationale de développement de l’Investissement, selon l’agence de presse officielle APS.

Il est accusé d’avoir obtenu des «privilèges indus» de la part de cadres de ces administrations. Ahmed Ouyahia et l’ancien wali (préfet) d’Alger, Abdelkader Zouh, ont quitté le tribunal d’Alger libres dans la nuit, selon des télévisions privées. Il n’a pas été possible de savoir dans l’immédiat sur quels faits Ouyahia et Zouh ont été interrogés et sous quel statut – témoins ou mis en cause. Le sort judiciaire des autres personnes entendues n’était pas connu dans l’immédiat.

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