L’Union européenne a annoncé jeudi 13 juin qu’elle débloquait une enveloppe supplémentaire de 25 millions d’euros à l’Arménie et s’est engagée dans le même temps à financer des projets d’infrastructure proposes par le gouvernement arménien.

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a salué les “réformes démocratiques” mises en œuvre en Arménie à l’issue de la deuxième reunion du Conseil de partenariat UE-Arménie qu’elle coprésidait avec le ministre arménien des affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanian, à Bruxelles. Le Conseil a pour mission de superviser la mise en œuvre de l’accord de partenariat renforcé (CEPA) signé par les deux parties en novembre 2017 et en voie de ratification par les Parlements des 28 (à ce jour) pays membres de l’UE. A défaut de l’accord d’association et de libre échange que l’Arménie n’a pu conclure avec l’UE du fait de son adhesion à l’Union économique eurasienne de V.Poutine en 2015, le CEPA permettra à la République du Sud Caucase, d’entretenir des relations plus étroites néanmoins avec l’Europe, en échange de la mise en œuvre de réformes politiques et économiques de fond. Erevan devrait ainsi progressivement mettre la legislation économique et les règlements de l’Arménie en conformité “approximative” avec la legislation européenne.

“La mise en œuvre de notre accord es ten bonne voie”, a déclaré F. Mogherini lors d’une conference de presse aux côtés de Z. with Mnatsakanian à Bruxelles en ajoutant : “Le dialogue, la cooperation et le partenariat que nous avons sur différentes questions … sont excellents, et nous avons aussi de bons projets pour l’avenir”. “Eu égard aux realisations du pays, aux réformes démocratiques effectuées l’an dernier, l’UE allouera une somme additionnelle de 25 millions d’euros cette année, ce qui portera le montant total de l’aide pour cette année à 65 millions d’euros, en vue de soutenir l’Arménie dans ses réformes et dans la mise en application de notre accord”, a poursuivi F. Mogherini.

La Commissaire européenne en charge des affaires étrangères a aussi déclaré que l’UE “envisageait des possibilités de financement pour des projets prioritaires que l’Arménie a récemment présentés à la Commission européenne.” Ils ne portent pas que sur des infrastructures publiques, mais aussi sur des questions énergétiques, la réforme de la police ou encore les droits de la femme”, a-t-elle ajouté. Le premier ministre Nikol Pachinian avait appelé à une aide de l’UE pour des “mega projets” lors de sa visite à Bruxelles, en mars. Il avait ensuite fait savoir que l’UE était disposée à contribuer au financement de projets qui seraient co-financés par le gouvernement arménien. Le chef de la Délégation de l’UE à Erevan, Piotr Switalski, avait indiqué en mai dernier que certains de ces projets sont “très coûteux et très complexes”, en précisant que l’UE étudierait néanmoins sérieusement les modalités de leur réalisation. F. Mogherini a de son côté ajouté que l’UE était aussi prête à fournir une “aide substantielle” pour la mise en œuvre des réformes judiciaires prévues par le gouvrenement de N.Pachinian.

“Nous soutenons le travail en cours visant à reformer le système judiciaire en Arménie conformément à la Constitution arménienne et aux normes internationales” a poursuivi F.Mogherini en précisant : “Une justice indépendante, efficace et responsable profitera à tous”. Z.Mnatsakanian a désigné comme “très productive” la reunion du Conseil de partenariat, en réaffirmant l’engagement de Erevan à resserrer ses liens avec l’UE, avec laquelle l’Arménie partage un “heritage commun de civilisation” et le même attachement à la démocratie.

N. Pachinian a lui aussi souligné à plusieurs reprises l’importance qu’il accordait au développement de relations plus étroites avec l’UE, tout en rappelant que l’Arménie continuerait à faire partie de l’Union dirigée par la Russie, dans le droit fil de la diplomatie léguée par son prédécesseur et adversaire politique, Serge Sarkissian.

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