Les bureaux de vote ont ouvert dimanche au Guatemala pour des élections générales et le premier tour de la présidentielle dont la campagne a été marquée par l’exclusion de la compétition d’une figure de la lutte anticorruption et des menaces de mort.

Huit millions de Guatémaltèques sont appelés à élire leurs 160 députés, 340 maires et 20 représentants au Parlement centro-américain. Mais c’est l’élection du chef de l’Etat pour un mandat de cinq ans qui focalise l’intérêt dans un pays en proie à la corruption, la violence et la misère.

Des centaines d’électeurs ont fait dès l’ouverture à 7H00 locales (13H00 GMT) calmement la queue devant les bureaux de vote, qui fermeront à 18H00 locales (00H00 GMT) et devant lesquels des vendeurs ambulants proposent boissons et nourriture sur le pouce.

Quarante mille policiers ont été moblisés pour assurer la sécurité des bureaux de vote et tout se déroulait normalement dimanche en milieu de journée dans la plus grande partie du Guatemala. Cependant, le scrutin a été suspendu dans une commune de l’est du pays, où les réseaux de trafiquants de drogue sont très présents, en raison de menaces de mort contre les autorités électorales, a indiqué le ministre de l’Intérieur Enrique Degenhart.

Aucun des 19 candidats en lice pour succéder au président sortant Jimmy Morales n’est en mesure d’emporter dimanche 50% des suffrages et les deux candidats arrivés en tête s’affronteront lors d’un second tour le 11 août.

Alors qu’elle figurait parmi les favoris, Thelma Aldana, une ancienne juge anticorruption et ex-procureure générale, a été évincée début avril par la justice après des plaintes d’adversaires politiques sur de présumés détournements alors qu’elle était à tête du parquet guatémaltèque, de 2014 à 2018.

Pour l’Alliance pour les réformes, qui réunit une quarantaine d’organisations de la société civile, l’exclusion de Thelma Aldana a été décidée « manifestement en représailles des enquêtes pour corruption qu’elle a menées contre le président (Morales), sa famille et des membres de son parti politique ». Une enquête vise notamment le président sortant sur le financement de sa campagne de 2015.

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