Une femme et ses quatre enfants originaires de la région du Xinjiang, réputée pour être une zone de surveillance massive, auraient disparu après avoir été expulsés de l’ambassade belge à Pékin, selon La Libre Belgique.

Fin mai dernier, l’ambassade de Belgique à Pékin a fait évacuer par la police chinoise une famille ouïgoure qui demandait sa protection, rapporte La Libre Belgique. Selon le quotidien, depuis leur expulsion du bâtiment, les cinq intéressés, une femme et ses quatre enfants, n’ont plus donné signe de vie.

La mère de famille, Wureyetiguli Abula, avait adressé il y a sept mois une demande de visas pour rejoindre son mari Ablimit Tursun, réfugié politique qui avait obtenu l’asile en Belgique en 2018. Appelée par l’ambassade à Pékin, la famille s’y était rendue le 28 mai depuis le Xinjiang pour remplir des documents et passer une visite médicale.Dans la capitale, la police a, à deux reprises, interpellé Mme Abula à son hôtel. À l’ambassade, les diplomates belges lui ont conseillé de regagner le Xinjiang en attendant la suite de la procédure, qui peut durer plusieurs mois. S’estimant en danger, selon La Libre Belgique, Mme Abula a refusé et réclamé la protection des autorités pour elle et les siens.

Sa demande a été rejetée, et le personnel diplomatique a fini par appeler la police chinoise. Interrogée, Mme Abula a été libérée avant d’être à nouveau arrêtée à son hôtel le 31 mai. Depuis lors, elle n’aurait plus donné de nouvelles.Joint par Libération en Belgique, Ablimit Tursan affirme ne pas être en mesure de contacter ses proches. «J’ai peur pour mes enfants, qui sont encore petits. Les dernières fois que je leur ai parlé, ils pleuraient quand ils entendaient le mot « police »», raconte-t-il.

Pour sa part, le ministère belge des Affaires étrangères indique qu’il continue «à suivre ce dossier, en considérant que la discrétion –ou ce qu’il en reste en tout cas– et la patience seront essentielles à sa bonne évolution».Selon un Comité des Nations unies, un million d’habitants du Xinjiang (nord-ouestà, majoritairement des Ouïgours, seraient enfermés dans des centres décrits par Pékin comme des lieux de «formation professionnelle», destinés à combattre le séparatisme et l’islamisme. L’Onu parle de son côté de probables «camps d’internement géants, placés sous le sceau du secret».

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