Le maire de Grenoble Éric Piolle a demandé, ce mardi 25 juin, au gouvernement de « lever l’ambiguïté » sur le statut du burkini. Tandis que la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa lui a reproché aussi son « ambiguïté » en la matière.

La deuxième opération surprise, en un mois, de femmes vêtues en burkini, ce week-end, dans une piscine de Grenoble, à l’initiative du collectif Alliance Citoyenne fait réagir. Dans une déclaration au Dauphiné Libéré, Marlène Schiappa « regrette l’ambiguïté dans laquelle se met le maire de Grenoble en n’intervenant pas fermement pour défendre les droits des femmes et les valeurs de la République ». Elle rappelle que l’accès aux piscines publiques est fondé sur des règles d’hygiène et de sécurité « qui s’appliquent à tout le monde », et que « la religion ne peut pas être une dérogation ».

Elle ne prend pas position cependant sur le statut du burkini en matière d’hygiène. La ministre voit dans l’action militante pour le port de ce vêtement « un message politique ‘couvrez-vous’ » visant à « créer une nouvelle norme » qu’elle ne pense « pas souhaitable de créer ». Elle observe cependant que « les femmes, quels que soient leurs religions ou leurs modes de vie, doivent pourvoir accéder aux piscines municipales ».

Le maire écologiste a jugé ces propos « incompréhensible et disant tout et son contraire », auprès de l’Agence France Presse (AFP). « Si c’est une question de laïcité, le gouvernement doit prendre position », a-t-il ajouté. Dans un communiqué, il a indiqué par ailleurs avoir « saisi le ministère des Sports afin que le gouvernement lève toute forme d’ambiguïté sur le statut du maillot de bain couvrant, relativement à l’hygiène et à la sécurité ». Il remarque également que les tee-shirts anti-UV pourraient faire partie d’une telle discussion.

« L’égalité d’accès au service public est un enjeu de cohésion nationale et ne saurait être interprétée en fonction des territoires », a-t-il dit. Le maire « condamne » cependant les « atteintes au règlement intérieur » des piscines de la ville que constituent les opérations en burkini, et promet une « verbalisation » aux contrevenants. Il condamne « la stratégie du choc » employée par les manifestantes, « loin de faire avancer le débat ».

Éric Piolle indique que « dans ce contexte de tensions », l’interdiction du burkini dans les piscines grenobloises « restera en vigueur cet été ». Mais il semble ouvrir une porte en appelant à un « débat apaisé, contradictoire, méthodique ».

En décembre, le Défenseur des Droits Jacques Toubon avait donné raison à une femme voulant nager en burkini dans une piscine.

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