La Turquie ne « fera pas marche arrière » au sujet de l’achat de missiles russes S-400 malgré les pressions des Etats-Unis, a affirmé mardi le président Recep Tayyip Erdogan, avant une rencontre attendue avec Donald Trump en marge du G20 au Japon.

« La question des S-400 est directement liée à notre souveraineté et nous ne ferons pas marche arrière à ce sujet », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours devant les députés de son parti à Ankara, ajoutant que la livraison des 
systèmes russes commencerait « le mois prochain ».

« La Turquie n’a pas à négocier avec quelque pays que ce soit, demander de permission et encore moins courber l’échine devant les pressions lorsqu’il s’agit de répondre à ses besoins en matière de sécurité », a poursuivi le chef de l’Etat turc.
Ces déclarations interviennent alors que M. Erdogan doit rencontrer son homologue américain Donald Trump en marge du sommet du G20 qui se tient vendredi et samedi au Japon.

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Cette rencontre aura lieu un mois avant l’expiration d’un ultimatum que Washington a adressé à Ankara pour renoncer aux missiles russes S-400 de défense anti-aérienne, faute de quoi des sanctions pourraient être imposées.
La semaine dernière, M. Erdogan avait indiqué qu’il entendait faire jouer ses « bonnes » relations avec M. Trump lors de cette rencontre afin de désamorcer la crise entre les deux pays au sujet de l’achat des équipements russes par Ankara. Les Etats-Unis s’opposent fortement à l’achat des S-400 par la Turquie, estimant notamment que les systèmes russes ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l’Otan, dont Ankara est membre.

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En outre, Washington estime qu’il existe un risque que les opérateurs russes qui formeront les militaires turcs aux S-400 puissent dans le même temps percer les secrets du nouvel avion furtif américain F-35 dont la Turquie veut aussi se doter.
Dans une lettre adressée à la Turquie il y a trois semaines, le Pentagone a indiqué que si la Turquie n’avait pas renoncé aux S-400 avant le 31 juillet, les pilotes turcs s’entraînant actuellement aux Etats-Unis sur le F-35 seraient expulsés.
Le personnel turc du consortium international qui fabrique le F-35 serait alors remplacé et les contrats de sous-traitance attribués à des entreprises turques pour la fabrication de l’appareil seraient annulés.

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