La Suisse a annoncé jeudi jouer un rôle de médiateur dans la crise anglophone au Cameroun, pays majoritairement francophone où des séparatistes militent pour la création d’un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Dans un communiqué, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) indique que «la Suisse a été mandatée par une majorité des parties pour faciliter un processus de négociation inclusif». «Le DFAE s’emploie à trouver une solution pacifique et durable à la crise dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun, en collaboration avec le Centre pour le dialogue humanitaire», une organisation basée à Genève. Une rencontre avec «divers groupes d’opposition» camerounais a eu lieu du 25 au 27 juin en Suisse, explique le DFAE. Une première recontre, également avec l’opposition, s’est tenue en mai, selon un porte-parole du DFAE.

Le ministère souligne que «l’objectif de cette (deuxième) rencontre était de préparer les futures négociations de paix entre le gouvernement camerounais et l’opposition politique».

L’annonce intervient alors qu’une quarantaine d’opposants camerounais – des exilés, selon le journal La Tribune de Genève – ont forcé mardi l’entrée d’un grand hôtel de Genève où séjourne le président camerounais Paul Biya, âgé de 86 ans et qui dirige le Cameroun depuis 1982. Le président Biya, qui se rend très régulièrement en Suisse, est arrivé dimanche à Genève. Son bureau a annoncé que lui et son épouse partaient dimanche «pour un bref séjour privé en Europe».

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d’un conflit armé qui n’a cessé de prendre de l’ampleur. L’ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé des tortures et autres exactions perpétrées contre des civils par des groupes séparatistes actifs dans les régions anglophones du Cameroun. Cette crise a déjà poussé plus de 530.000 personnes à quitter leur foyer, selon des chiffres de l’ONU. Et en vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG). D’autre part, des manifestations sont organisées par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), parti de l’opposant Maurice Kamto, depuis la présidentielle d’octobre 2018, que ce parti a qualifié de «hold-up électoral». Maurice Kamto, arrivé deuxième derrière le président Biya, est en prison depuis janvier.

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