La justice française a écarté vendredi la thèse de «l’attentat» pour expliquer les coups de feu qui ont été tirés jeudi devant la mosquée de Brest, faisant deux blessées dont l’imam.

«Les éléments recueillis à l’heure qu’il est ne permettent pas de considérer qu’il s’agit d’un attentat», a assuré le procureur de la République de Brest Jean-Philippe Récappé, soulignant par ailleurs que la section antiterroriste du parquet de Paris ne s’était pas saisie de l’affaire.

Plusieurs coups de feu avaient été tirés jeudi devant la mosquée Sunna, faisant deux blessés dont l’imam Rachid El Jay, avaient indiqué à l’AFP plusieurs sources proches du dossier et le Conseil français du culte musulman (CFCM). L’auteur présumé des coups de feu avait été retrouvé mort après la fusillade, non loin de sa voiture. Il se serait suicidé d’une balle dans la tête, selon une source policière.

L’imam a reçu quatre balles, deux dans l’abdomen et deux dans les jambes et le fidèle blessé a reçu deux balles dans les jambes, mais «leurs jours ne sont pas en danger», avait indiqué le CFCM. Selon une source policière, l’auteur présumé, qui a été identifié, a laissé des documents écrits près du lieu où il a été retrouvé mort. Il a par ailleurs posté une photo de lui sur les réseaux sociaux.

«Il est inconnu des services de police, n’est pas fiché, et n’est pas connu comme appartenant à un mouvement d’extrême droite», a précisé cette source policière. «Rachid El Jay a déjà été menacé par Daech car il a des discours en phase avec les valeurs de la République. S’il était pour le fondamentalisme, Daech l’aurait félicité», a commenté le délégué général du CFCM. Selon Romain Caillet, spécialiste du salafisme contemporain, Rachid El Jay «est aussi bien la cible de gens pro-djihad que de groupes d’ultra-droite avec ses vidéos qui ont défrayé la chronique».

Dans l’une d’elles, on le voit expliquer à des enfants que celui qui écoute de la musique risque d’être transformé en porc. «Toutes les hypothèses sont possibles. Il y a 10 ans, cet imam était sur une ligne salafiste non djihadiste, mais pro-saoudienne, et il s’est rangé progressivement sur une ligne traditionnelle marocaine», a précisé Romain Caillet.

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