Des centaines de personnes se sont rassemblées vendredi au palais de justice à Istanbul pour apporter leur soutien à une figure de l’opposition, à l’ouverture de son procès pour insulte au président turc Recep Tayyip Erdogan.

Canan Kaftancioglu, responsable pour Istanbul du parti d’opposition CHP (social-démocrate), est jugée pour cinq chefs d’accusation, dont «propagande terroriste» et insulte à Recep Tayyip Erdogan, pour une série de commentaires sur les réseaux sociaux postés entre 2012 et 2017. Elle risque jusqu’à 17 ans de prison si elle est reconnue coupable.

Le tribunal a renvoyé le procès au 18 juillet au terme d’une première audience aussi brève que tendue, marquée notamment par l’exclusion de la salle d’un avocat de Canan Kaftancioglu. Avant l’ouverture du procès, des centaines de ses partisans, scandant des slogans «Contre le fascisme» et brandissant des pancartes avec l’inscription «Nous avons soif de justice», se sont rassemblés devant le tribunal, où Canan Kaftancioglu comparaît libre, selon des correspondants de l’AFP.

«Ce procès (…) est un procès politique. Nous sommes encore une fois devant le tribunal pour un procès injuste, hors la loi, et sans aucun fondement», a déclaré avant l’audience un vice-président du CHP, Muharrem Erkek. Selon l’acte d’inculpation publié en mai, Canan Kaftancioglu est accusée d’avoir «insulté» l’Etat turc et le président Erdogan, d’«incitation à la haine» et de «propagande terroriste», en l’occurrence en faveur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le chef d’inculpation pour insulte à l’Etat et à Recep Tayyip Erdogan est en lien avec un tweet sur la mort d’un garçon de 14 ans après avoir été touché par une grenade lacrymogène lors des manifestations antigouvernementales connues sous le nom de «mouvement Gezi» en 2013. Celui de «propagande terroriste» est motivé par un tweet dans lequel Canan Kaftancioglu a cité un responsable du PKK, classé organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux. Plusieurs responsables du CHP ont dénoncé ce procès comme une «vengeance» du pouvoir après la victoire du candidat de ce parti, Ekrem Imamoglu, aux élections municipales d’Istanbul dimanche.

Très impliquée dans la campagne de Ekrem Imamoglu et s’affichant régulièrement à ses côtés, Canan Kaftancioglu est décrite par des observateurs comme l’artisan de cette victoire. Lors d’une rencontre avec la presse étrangère vendredi, Ekrem Imamoglu a qualifié de «menace politique» le procès contre Canan Kaftancioglu. «Je me tiendrai toujours à ses côtés (…) Je suivrai de près cette affaire», a-t-il ajouté.

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