Depuis le 22 février, l’Algérie «écrit une nouvelle page de son Histoire et de l’Histoire du monde sous le regard ébahi et admiratif de la planète», a déclaré l’ambassadeur de France à Alger à l’occasion de la fête du 14 juillet. Il a également évoqué l’avenir des relations bilatérales dans le cadre des changements survenus.

Lors de la réception, le dimanche 14 juillet, à sa résidence à Alger, à l’occasion de la fête nationale française, Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie, a affirmé que ce pays d’Afrique du Nord était revenu «en peu de temps, à sa vieille tradition de pays révolutionnaire», indique un communiqué de l’ambassade.

​«On parlait souvent d’Alger comme La Mecque des révolutionnaires, par les nombreuses rencontres internationales qui s’y tenaient, on dira peut-être bientôt qu’Alger est La Mecque des révolutions par l’exemple qu’elle donne à tous ceux qui, voulant transformer les vieux ordres et les systèmes anciens, refusent de payer le prix de la violence», a déclaré le diplomate. «En cela, elle force le respect des autres nations, elle écrit une nouvelle page de son Histoire et de l’Histoire du monde sous le regard ébahi et admiratif de la planète», a-t-il ajouté.

En la présence du ministre algérien des Finances Mohamed Loukal, M.Driencourt a reconnu que «nous autres diplomates, n’avons peut-être pas vu juste». «Il faut l’avouer, nombre d’entre nous n’avions pas perçu la formidable force de changement qui sommeillait dans ce pays», a-t-il ajouté, soulignant qu’«en quelques jours, nous nous sommes retrouvés dans un monde transformé, aux horizons redéfinis, aux perspectives nouvelles et l’Algérie d’aujourd’hui n’est pas celle que j’ai connue durant mes années passées ici».Tout en saluant le pacifisme des Algériens et l’enthousiasme que leur révolution a suscité dans la société, le diplomate a rappelé que cette dernière demande «une vigilance constante», mais porte «les fruits les plus sûrs». «La révolution est un processus souverain qui obéit à ses propres règles, qui a son propre cheminement, qui répond à sa propre logique qu’il faut respecter», a-t-il suggéré.

L’avenir des relations bilatérales

Dans le même sillage, évoquant l’avenir des relations entre les deux pays dans tous les domaines, l’ambassadeur a affirmé que «quel que soit l’avenir que vous écrirez, une chose restera, c’est la relation entre la France et l’Algérie». «Nous sommes unis dans nos différences. Par les Instituts français, les échanges entre universités, l’enseignement du français, nous œuvrons tous ici à développer cet héritage qui nous a été légué», a-t-il expliqué, soutenant que «c’est une opportunité pour l’Algérie, c’est une chance pour la France, qui a aussi tant à apprendre de l’Algérie». «C’est aussi une chance pour les Français qui, surpris comme ils l’ont été depuis ce mois de février, souhaitent mieux vous connaître», a-t-il lancé.Les prises de position de la France, ancienne puissance coloniale, dans le dossier algérien, traditionnellement très prudentes en raison des liens historiques entre les deux pays, sont scrutées à la loupe du côté sud de la Méditerranée. La position de Paris est de ne se livrer à «aucune ingérence», tout en assurant ne ressentir envers ce pays «aucune indifférence», selon une expression employée en mars par le Premier ministre Édouard Philippe.

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