Les forces de police arméniennes ont procédé le jeudi, 18 juillet, à 13 arrestations après de violents heurts qui les ont oppposées dans la nuit à des habitants de la province septentrionale du Tavouch qui manifestaient contre une decision du gouvernement interdisant l’abattage des arbres dans la région.

Plusieurs centaines de manifestants avaient bloqué le mercredi 17 juillet, l’axe principal conduisant au chef lieu de la region, Ijevan, pour exiger des autorités qu’elles autorisent à nouveau les habitants à couper les arbres des forêts avoisinnantes et à en vendre le bois. Les manifestants ont fait valoir que l’abattage des arbres est leur unique source de revenus.

Mais là encore, les bonnes intentions écologiques du nouveau gouvernement se heurtent à une réalité économique difficile dans les regions, notamment le Tavouch, une province peu développée aux confins de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, mais qui abrite parmi les plus importantes forêts d’un pays dont la couverture forestière n’a cessé de reculer. Les forces de police anti-émeutes ont fait usage de la force après que les manifestants ont refusé de dégager l’axe routier conduisant au principal poste-frontière entre l’Arménie et la Géorgie. Les policiers ont été accueillis par des jets de pierres lancés par les manifestants, dont certains n’ont pas hésité à les frapper avec des gourdins lors des affrontements qui sont suivi. Onze policiers ont dû être hospitalisés, selon un porte-parole de la police arménienne. Au moins un manifestants a été blessé, et a dû lui aussi être hospitalisé.

Le trafic a repris sur cet axe majeur après l’intervention de policiers venus en renfort à Ijevan. Le chef de la police nationale, Valeri Osipian, a jugé la situation assez préoccupante pour se rendre personnellement dans cette ville proche des frontières de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan dans la soirée du mercredi. V.Osipian y est resté jusqu’au lendemain. Une porte-parole du Comité d’investigation d’Arménie, Naira Harutiunian, a indiqué que des dizaines de personnes avaient été interpellées et interrogées après ces violences. Treize d’entre eux ont été placés en detention pour suspicion de hooliganisme et résistance aux forces de l’ordre, six autres ont signé des engagements écrits à ne pas quitter leurs lieux de residence Durant l’enquête, a précisé N.Harutiunian, citée par RFE/RL. L’un des adjoints de V.Osipian, Vartan Movsisian, a indiqué que la police s’employait à identifier les auteurs de violences en vue de les arrêter. Le premier ministre Nikol Pachinian a condamné les violences survenues à Ijevan, qui est, rappelons-le, sa ville natale, alors qu’il ouvrait la reunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Erevan. “Les responsables des incidents d’hier, ainsi que les personnes responsables de coupes sauvages et illegals de bois devront être sévèrement punis”, a indiqué N.Pachinian, en ajoutant : “Nous mettrons un terme de façon déterminée à ces abattages illégaux”. Sur sa page Facebook, N.Pachinian a aussi posté une video de V.Osipian s’adressant aux policiers alignés sur la place principale d’Ijevan dans la matinée du jeudi 18 juillet. “Nous ne ferons preuve d’aucune indulgence”, déclarait notamment le chef de la police en ajoutant : “Chacun doit recevoir la sanction qu’il mérite au regard de la loi”.

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