Les quelque 200 migrants occupant depuis 7 mois un bâtiment désaffecté du diocèse de Marseille n’en seront pas délogés avant décembre, suite à une décision de justice leur octroyant un délai de 6 mois, a appris l’AFP vendredi de sources concordantes.

Le tribunal d’instance de Marseille a «constaté l’occupation illégale et ordonné l’expulsion, mais considérant que ces personnes n’arriveraient pas à se reloger immédiatement, leur a octroyé six mois de délai», a expliqué à l’AFP Me Camille Tapin, avocate du diocèse. Le tribunal ne s’est prononcé vendredi que sur le cas de la vingtaine de familles de migrants présentes dans le squat. Il se penchera sur le cas des mineurs non accompagnés (MNA) – plus d’une centaine – en septembre.

Du côté associatif, Anne Gautier, porte-parole du Collectif 59, a salué une «très bonne nouvelle»: «on a obtenu six mois de plus, ça nous amène à fin décembre, donc ça fera un an qu’on occupe le bâtiment (ndlr: depuis le 18 décembre 2018)». «Le tribunal reconnaît l’utilité de notre action», s’est-elle félicitée, évoquant «un vrai soulagement pour les familles à qui la préfecture proposait quelques nuits d’hôtel seulement».

Début avril, le département et l’Etat avaient mis en oeuvre l’hébergement des occupants. Certaines familles ayant fait le choix de rester sur place, le diocèse n’avait pas récupéré ses locaux qu’il prévoyait de vendre à un institut de formation. D’autres mineurs arrivés après cette date étaient venus occuper à leur tour la vieille bâtisse. Le diocèse de Marseille, dans un premier temps solidaire des collectifs d’aide aux migrants occupant son bâtiment de Saint-Just, avait demandé en mai leur expulsion, se considérant «otage» de la situation.

 

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