Après la victoire de l’Algérie en finale de la CAN, plusieurs milliers de supporters se sont massés place de l’Étoile, à Paris, et dans plusieurs villes du pays, pour célébrer le titre.

Ce vendredi soir, des milliers de supporters de l’équipe algérienne de football sont descendus dans les rues pour célébrer la victoire des Fennecs face au Sénégal (1-0) en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, au Caire. Leur précédente victoire dans cette compétition remontait à 1990.

À Paris, des milliers de personnes se sont rassemblées sur et aux alentours des Champs-Élysées. La zone était quadrillée par environ 2500 membres des forces de l’ordre, un dispositif similaire à celui mis en place lors de la demi-finale le 14 juillet face au Nigeria. Sur la place de l’Étoile, la circulation était difficile dès la fin du match. Des policiers se chargeaient d’empêcher les piétons de marcher sur la route.

Des supporters ont appelé les médias à «ne pas faire d’amalgames entre supporteurs et casseurs», selon notre journaliste sur place, Thibault Izoret. La situation était calme aux alentours de minuit. Les membres des forces de l’ordre présents ne portaient, en majorité, d’ailleurs pas leurs casques.

Vers 1h du matin, quelques débordements ont éclaté dans les rues adjacentes aux Champs-Élysées. Des groupes ont provoqué la police en tirant des feux d’artifice, des pétards, des projectiles comme des bouteilles en verre et des pierres. En réponse, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes. La situation est cependant revenue à la normale en quelques minutes.

Jusqu’à 2h du matin, notre reporter sur place notait des débordements sporadiques mais rapidement maîtrisés.

102 personnes ont été interpellées à Paris, dont 86 placées en garde-à-vue, selon un bilan du ministère de l’Intérieur samedi à 6h00. Notre journaliste Thibault Izoret a pu en filmer deux dans la soirée, place de l’Étoile. A travers la France, 198 personnes ont été interpellées, et 177 placées en garde-à-vue, selon la même source.

A Marseille, dès le coup de sifflet final, une marée humaine a commencé à descendre la Canebière vers le Vieux-Port, qui, feu d’artifice du 14 juillet oblige, avait été interdit aux supporters algériens lors de la demi-finale remportée face au Nigeria. Marseille semble emportée par la folie, au bruit des moteurs de motos et de scooters, des pétards et des klaxons, noyée sous les fumigènes, « craqués » par dizaines, selon l’AFP. Peu avant 01H00 l’ambiance était toujours festive. Au plus fort de la soirée, la préfecture de police évaluait à 25.000 le nombre de fans des « Fennecs » dans le centre de la ville. Vers 01H30, le rassemblement était en cours de dissolution autour du Vieux-Port et de la Canebière, sans incident majeur.

A quelques centaines de kilomètres, les mêmes scènes se sont répétées à Lyon. Le coup de sifflet final, dans le quartier de la Guillotière, entraîne un déchaînement de youyous, pétards, feux d’artifice et fumigènes. « Je suis heureuse, le coeur, il bat vite. C’était pas inespéré, on était sûr de gagner », se réjouit Ariane, drapée dans son drapeau algérien. Dans le centre-ville de Lyon, un bref accrochage a opposé supporters de l’Algérie et forces de l’ordre, visées par des projectiles sur le pont de la Guillotière. Les assaillants ont été rapidement dispersés après quelques jets de grenades lacrymogènes, a constaté un journaliste de l’AFP. Les forces de l’ordre ont ensuite reculé, laissant les supporters en liesse manifester leur joie à coups de fumigènes et feux d’artifice sur les quais de la Presqu’île, provoquant des embouteillages alentour.

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