Plus de 20 pays vont adhérer à la coalition créée par Washington pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, a espéré le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Un politologue iranien a commenté le sort de cette nouvelle initiative des États-Unis dans leur confrontation avec l’Iran.

Les États-Unis appellent à la formation d’une coalition internationale pour assurer le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz par où transite le brut produit au Moyen-Orient. Une telle initiative est vouée à l’échec, a déclaré Fuad Izadi, américaniste de l’Institut d’étude des processus mondiaux à l’université de Téhéran.

Les États-Unis toujours hostiles à l’Iran

«Le désir des Américains de créer une coalition contre l’Iran n’a rien de nouveau en soi. Ils s’y emploient depuis des années. Et le fait qu’ils ne cessent d’y échouer est d’ores et déjà perçu comme une sorte de règle», a expliqué l’interlocuteur de l’agence.

Et de rappeler que les États-Unis s’étaient proposé, par exemple, de créer une Otan arabe, une initiative ratée.

Des alliés de plus en plus déçus par la politique états-unienne

«À présent, personne ne s’en souvient. Les Américains ont aussi envisagé une alliance contre l’Iran qui associe l’Égypte, la Jordanie et le Pakistan, mais aucun de ces pays ne l’a voulue. Aussi, ne verrons-nous aucune coalition […], pratiquement tous les pays ayant compris que la politique extérieure de Donald Trump est vouée à l’échec», a relevé l’universitaire.

Selon ce dernier, tout le monde sait que les Britanniques ont arraisonné dernièrement un pétrolier iranien et tout le monde sait aussi comment Donald Trump a traité la Première ministre et l’ambassadeur du Royaume-Uni, comment il les a tournés en dérision.

«Tel est le comportement habituel de Trump à l’égard de ceux qui se déclarent alliés des États-Unis. Les États-Unis ne les prennent tout simplement pas au sérieux. Certes, Trump donne toute sorte de promesses sans les remplir pour autant», a résumé l’interlocuteur.

Les observateurs constatent que l’idée d’une coalition ne semble pas convaincre un grand nombre d’alliés des États-Unis. Plusieurs dirigeants européens s’interrogent notamment sur le bien-fondé de la politique de Donald Trump à l’égard de l’Iran, depuis son retrait unilatéral de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018.

Tensions dans le détroit d’Ormuz

Le golfe Persique et les zones adjacentes sont sujets à de vives tensions depuis plusieurs semaines.

Les Gardiens de la révolution ont arraisonné le 19 juillet le pétrolier britannique Stena Impero dans le détroit d’Ormuz «pour violation des règles internationales». 23 marins se trouvaient à bord, dont trois Russes, d’après Northern Marine Management Ltd, qui gère le pétrolier. Le Royaume-Uni avait auparavant arraisonné un pétrolier iranien à Gibraltar, accusé de livrer illégalement du pétrole à la Syrie.

Le 20 juin, les Gardiens de la révolution ont confirmé dans un communiqué qu’un drone espion américain avait été abattu par un «missile» de leurs forces aérospatiales au large de la côte face, au mont Mobarak, «après avoir violé l’espace aérien iranien».

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