La Corée du Sud a annoncé que Pyongyang avait tiré jeudi 25 juillet deux «projectiles» non identifiés. Washington a précisé qu’il s’agissait d’engins de courte portée.

La Corée du Nord a tiré deux missiles de courte portée dans la mer, jeudi 25 juillet, pour manifester sa colère face à des exercices militaires conjoints prévus entre Séoul et Washington, compliquant les efforts pour relancer des négociations nucléaires qui patinent.

Il s’agit du premier essai de missile depuis la rencontre impromptue le mois dernier entre Donald Trump et Kim Jong-un dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule. Le président américain et le dirigeant nord-coréen avaient alors convenu de reprendre les discussions. Cet engagement ne s’est pour l’heure pas concrétisé et Pyongyang a averti récemment que le processus pourrait dérailler si les manœuvres se déroulaient comme prévu en août.

L’état-major interarmées sud-coréen a annoncé que les deux missiles avaient été tirés peu après l’aube de Wonsan, sur la côte orientale nord-coréenne, parcourant 430 kilomètres avant de s’abîmer. «Notre armée suit de près la situation en cas de tirs supplémentaires et se tient prête à réagir», ajoute l’état-major. «Nous appelons le Nord à cesser ses opérations qui ne contribuent pas à l’apaisement des tensions militaires», a dit Choi Hyun-soo, porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense. Le ministre japonais de la Défense a dénoncé des tirs «extrêmement regrettables», soulignant cependant que les missiles ne s’étaient pas abîmés dans la zone économique exclusive du Japon.

Pyongyang avait déjà lancé en mai des engins similaires, ses premiers tests depuis novembre 2017, ce que Donald Trump avait balayé d’un revers de la main. Il s’agissait de «quelque chose de très standard», avait-il dit.

Les deux dirigeants se sont retrouvés le 30 juin dans la DMZ, promettant de reprendre un dialogue en panne depuis l’échec de leur deuxième sommet à Hanoï en février. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait déclaré que des discussions de travail commenceraient vraisemblablement à la mi-juillet mais, la semaine dernière, Pyongyang a prévenu que les manœuvres conjointes pouvaient tout remettre en cause.

Pour le Nord, ces exercices constituent une «violation claire» de la déclaration commune signée par les deux dirigeants lors de leur premier tête-à-tête historique en juin 2018 à Singapour. Pyongyang a même laissé entendre qu’il pourrait revoir son moratoire sur ses essais balistiques et nucléaires. Les derniers tirs constitue «un message fort», «une protestation de Pyongyang» contre les exercices conjoints, a commenté Cheong Seong-chang, analyste à l’Institut Sejong.

Près de 30.000 soldats américains sont déployés en Corée du Sud et les exercices annuels qu’ils mènent avec des dizaines de milliers de soldats sud-coréens ne manquent jamais de courroucer Pyongyang. Le Nord les considère comme la répétition d’une invasion de son territoire. D’autres analystes jugent cependant que le Nord se sert des manœuvres comme prétexte pour dérouler ses ambitions militaires. «Les tirs d’aujourd’hui entrent dans le cadre de la volonté nord-coréenne d’avoir un programme balistique avancé, plutôt qu’une dénonciation des exercices militaires», dit Hong Min, chercheur à l’Institut Corée pour l’unification nationale. «Le Nord a annoncé par le passé qu’il allait moderniser et améliorer son système de défense. Ces tirs font partie de ce projet».

Les médias officiels viennent de publier des photos montrant M. Kim en train d’inspecter un nouveau sous-marin, faisant craindre que Pyongyang ne développe un programme de missile mer-sol balistique stratégique (MSBS).

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