Le créateur du retweet, Chris Wetherell, reconnaît avoir sous-estimé les dangers de son invention, qui a selon lui donné lieu à de la violence et à du harcèlement collectif.

«Nous aurions aussi bien pu donner une arme à feu chargé à des enfants de quatre ans»: le concepteur du bouton retweeter a désormais une vision assez sombre de son invention.

À ses débuts, Chris Wetherell voyait le retweet comme un moyen d’offrir de la visibilité à des comptes moins visibles en ligne. Dans un entretien accordé à Buzzfeed News 10 ans plus tard, il reconnaît avoir sous-estimé les dangers qui se cachaient derrière.Selon lui, le bouton retweeter serait le principal responsable de tous les problèmes auxquels les usagers doivent faire face aujourd’hui. M.Wetherell cite en exemple la campagne Gamergate durant laquelle des femmes journalistes ont été visées par des attaques sur les réseaux sociaux:

«Demandez à quiconque a été la cible du Gamergate, c’est le retweet qui a aidé les harceleurs à montrer une fausse image d’une personne avant que les victimes puissent répliquer. Nous n’avons pas créé de système de défense, nous avons seulement conçu un conduit d’attaque», regrette-t-il.

Quelles solutions pour ce problème?

Pour le développeur, la solution pourrait résider dans la suspension du bouton retweeter pour des groupes d’utilisateurs identifiés comme diffusant régulièrement des contenus problématiques. Une autre solution serait de limiter le nombre de fois qu’un message peut être retweeté.Dans le même temps, un chercheur de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) contacté par Buzzfeed propose pour sa part d’interdire les retweets contenant un lien si l’usager souhaitant l’envoyer n’a pas d’abord cliqué sur le lien en question.

Début 2019, Twitter a lancé un appel à candidatures afin de l’aider à mesurer la «sérénité» des conversations sur le réseau social dans l’espoir de mieux combattre les logiciels automatiques auquel il est confronté.

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