La Maison Blanche, un mois après avoir menacé le ministre iranien des Affaires étrangères, a finalement retiré son faux masque d’engagement en faveur de la démocratie et du dialogue et boycotte Mohammad Javad Zarif, cette voix légitime du peuple iranien qui réclame la vérité.


Mais l’Histoire montre par ses preuves que la voix d’une nation ne pourra jamais être sanctionnée.

Le 31 juillet, le département du Trésor américain a placé le ministre iranien des Affaires étrangères sur sa liste des sanctions. Une mesure qui a suscité des réactions négatives tant au pays qu’à l’étranger dès l’annonce faite minuit (heure de Téhéran).

Les réactions condamnant et regrettant la décision illégale et non-juridique de Washington se sont multipliées. Les Etats-Unis se trouvent une fois de plus esseulés par cette position unanime contre leur décision contreproductive.

Au lendemain de l’annonce de Washington de sanctions contre le diplomate en chef iranien, l’UE a « regretté » cette décision et insisté sur « l’importance de maintenir des relations diplomatiques » avec Téhéran.

Voix de l’Iran sur la scène internationale, M. Zarif est le principal interlocuteur des Européens, de la Chine et de la Russie, toujours parties prenantes à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien violemment dénoncé par les Etats-Unis, qui s’en sont retirés en mai 2018.

« L’Union européenne regrette la décision des États-Unis de sanctionner le chef de la diplomatie iranienne et continuera de travailler avec lui », a annoncé ce jeudi un porte-parole de la plus haute responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

La France qui partage la même position que ses partenaires signataires de l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire, a annoncé dans un communiqué qu’elle ne soutenait, elle non plus, la décision américaine.

Le ministère français des Affaires étrangères a en effet déclaré que Paris ne soutenait pas la décision américaine. « Nous considérons que tous les canaux diplomatiques doivent demeurer ouverts, en particulier dans le contexte actuel de tensions accrues », peut-on lire dans le communiqué du ministère.

Un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que le gouvernement de Londres ne soutenait pas le placement du chef de la diplomatie iranienne sur la liste des sanctions américaines.

« Il est important de garder les voies diplomatiques ouvertes face aux tensions croissantes », a déclaré ce porte-parole à l’occasion d’une interview exclusive accordée à l’IRNA.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a également condamné jeudi la décision américaine d’imposer un embargo diplomatique à M. Zarif, affirmant qu’il continuerait à travailler avec le ministre des Affaires étrangères iranien.

Réagissant à la décision américaine, le secrétaire général des Nations unies, a appelé toutes les parties, à tous les niveaux, à faire preuve de « la plus grande retenue ».

Moscou a pour sa part qualifié de « vouées à l’échec » les sanctions américaines.

« Les Etats-Unis cherchent un prétexte pour un affrontement dans le golfe Persique et la décision de Washington de constituer une coalition navale conjointe dans le détroit d’Hormuz est une tentative rudimentaire visant à faire pression sur l’Iran », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a annoncé ce jeudi 1er août que les autorités de son pays étaient opposées aux sanctions visant le ministre iranien des Affaires étrangères, imposées unilatéralement par l’administration américaine. « Nous appelons Washington à s’employer à soutenir la paix et la stabilité dans la région », a ajouté Hua Chunying.

« Nous avons suivi de près les déclarations des autorités américaines et la réaction de M. Zarif. La prise de position de Pékin est bien claire. Le gouvernement chinois est contre cette décision unilatérale des États-Unis, une action qui est considérée du point de vue juridique comme très dure », a-t-elle poursuivi.

.De nombreuses voix, parmi les plus haut placées, se sont élevées aux États-Unis contre cette décision de l’administration Trump. « Le fait de sanctionner des diplomates affaiblit la diplomatie », a ainsi tweeté le sénateur républicain Rand Paul

L’ex-conseiller du département d’État et ex-ambassadeur US à l’OTAN, Robert E. Hunter, a réagi à la décision du Trésor américain en y voyant un acte qui vise à « faire entrer dans le domaine du privé de grosses divergences politiques qui opposent l’Iran et les États-Unis ».

Interrogé par l’IRNA, il a affirmé: « Si Zarif est un personnage sans autorité ni poids, pourquoi alors le sanctionner ? C’est là un acte totalement absurde et insensé. »

Hunter renvoyait aux propos d’un responsable US cité un peu plus tôt par Reuters qui a dit : « Trump veut dialoguer avec l’Iran mais il veut que son interlocuteur soit un responsable de l’exécutif. Ce qui n’est pas le cas de Zarif. »

« Je ne sais vraiment pas à quoi mène ce genre de décisions. Tout ce que je sais c’est que tout le monde tente d’ouvrir le dialogue entre Téhéran et Washington mais que paradoxalement, les portes du dialogue se ferment les unes après les autres. Ce qui est loin d’être une approche raisonnable », a estimé M. Hunter.

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