Les autorités indiennes ont arrêté au moins 300 responsables politiques et militants séparatistes au Cachemire afin de limiter les risques de manifestation contre la révocation de l’autonomie dont disposait le territoire, a appris Reuters jeudi auprès de plusieurs sources.

Le chiffre de 300 arrestations émane d’un responsable de la police indienne. Le quotidien indien Mail Today rapporte pour sa part que plus de 400 responsables politiques ont été assignés à résidence. Sous couvert d’anonymat, des dirigeants de la Conférence nationale, un important parti politique du Cachemire, ont indiqué que plusieurs anciens ministres et parlementaires étaient au nombre des personnalités arrêtées.

Le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi a révoqué lundi l’article 370 de la Constitution qui octroyait depuis l’indépendance, en 1947, un statut spécial au Jammu-et-Cachemire, le seul Etat majoritairement musulman du pays. New Delhi explique que ce particularisme a nui au développement économique du Cachemire, qu’il souhaite intégrer pleinement au reste du pays. Le statut d’autonomie, souligne le gouvernement indien, interdisait notamment à des individus extérieurs au territoire d’y acheter des terrains, d’y investir ou de s’y établir.

La décision s’est accompagnée d’une suspension des liaisons téléphoniques et de l’accès à la télévision et à internet, toujours en vigueur mercredi. Un black-out que New Delhi justifie par la nécessité d’éviter des troubles. Des milliers de membres de la police paramilitaire ont dans le même temps été déployés dans Srinagar, la principale ville de l’Etat du Jammu-et-Cachemire.

De sources policières, on fait état d’accrochages isolés entre des petits groupes de manifestants et la police. «Il y a beaucoup de colère parmi la population», a déclaré un policier. L’initiative de New Delhi a également provoqué la colère du Pakistan et de la Chine.

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