Comme une décharge à ciel ouvert, entourée d’arbres, de plantes, de nature… La vue en a dégoûté plus d’un, à Fontainebleau.

Car en pleine forêt, quelque 50 000 litres de déchets ont été découverts, jetés sauvagement et répartis à cinq endroits à Dammarie-les-Lys, non loin de la D115, rapporte Le Parisien mercredi. Emballages dégradés, vêtements, appareils hors d’usage, bouteilles en plastique, nourriture, et même des conteneurs à ordures de l’agglomération Melun-Val de Seine… De ces déchets, représentant environ 400 baignoires, se dégageait une odeur particulièrement nauséabonde. Le tout a été récupéré et déblayé par l’Office national des forêts (ONF), mercredi, ainsi que par le Syndicat de collecte des ordures ménagères (SMITCOM) du Pays de Fontainebleau, indique également le quotidien.

Ces déchets ont été découverts en début de semaine par des promeneurs. L’ONF a été immédiatement alertée et s’est rendue sur place pour tenter d’établir leur provenance. Selon les déclarations au Parisien de Gaëtane Hay, chef du service accueil et biodiversité de l’organisation, « la nature et le volume très important de ces déchets [les] ont interpellés. C’est vraiment inédit ». Du jamais-vu dans le coin, insiste-t-elle. L’ONF a averti la police, qui a ouvert une enquête. Sur place, « les enquêteurs ont par exemple récupéré les nombreux sacs à main présents pour voir s’ils proviennent de vols et trouver leurs propriétaires ».

L’ONF rapporte auprès du quotidien francilien que, chaque année, elle recense quelque 400 dépôts sauvages de déchets d’un mètre cube environ, soit 1 000 litres. Pour tenter de lutter contre ce phénomène, elle a déployé une trentaine d’appareils photo très sophistiqués dans la forêt de Fontainebleau. Les images intégreront la liste des indices que les policiers vont examiner pour tenter de démasquer les auteurs de ce dépôt sauvage. Des individus qui risquent une peine de deux ans de prison, un retrait du permis de conduire et jusqu’à 75 000 euros d’amende.

Mais ce fléau ne se limite pas qu’à la forêt de Fontainebleau. Les dépôts sauvages de déchets se multiplient un peu partout, au grand dam des élus français. « De plus en plus de malfrats déversent leurs déchets sur la voie publique, à toute heure du jour ou de la nuit », se désole dans les colonnes du Figaro le président de l’Association des maires du Var, Jean-Pierre Véran, au surlendemain de la mort du maire de Signes Jean-Mathieu Michel, alors qu’il tentait d’empêcher un dépôt illégal de gravats. Dans une étude publiée en 2019, menée auprès de 36 000 communes et relayée par le quotidien, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) faisait état de 21 kilogrammes de déchets par habitant, abandonnés sauvagement chaque année en France.

Et l’une des régions les plus touchées est l’Île-de-France, au sud de laquelle se trouve la forêt de Fontainebleau. Dans les Yvelines, à Carrières-sous-Poissy, une plaine maraîchère à l’abandon a été envahie par quelque 7 000 tonnes de déchets. Auprès du Figaro, le député MoDem des Yvelines et membre de la commission du Développement durable et de l’aménagement du territoire, Bruno Millienne, explique : « L’intercommunalité s’est laissée déborder. Aujourd’hui, il est quasiment devenu impossible de réagir quand on sait qu’il faut compter environ 500 euros pour enlever et trier une tonne de déchets. » Bruno Millienne souhaiterait que les sanctions contre les fautifs soient durcies jusqu’à aller à la saisie du véhicule. Un durcissement également réclamé par l’ONG Gestes propres et l’Association des maires de France (AMF), dans un plan national élaboré conjointement et qui devrait être déployé dans une vingtaine de villes dès 2020 dans le but de lutter contre ces déchets sauvages.

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