Durant la campagne municipale de 1995, Christophe Castaner, à l’époque adjoint au sein de la mairie d’Avignon, avait diffusé des «bandes dessinées porno» ciblant la candidate RPR Marie-Josée Roig et le sénateur Alain Dufaut. Attaqué en justice, l’actuel ministre de l’Intérieur avait dû payer une amende en lien avec cette affaire, dévoile Marianne.

Un récent article de Marianne dévoile un épisode survenu à l’aube de la carrière politique de Christophe Castaner, lequel avait diffusé, en pleines municipales de 1995 à Avignon, des bandes dessinés pornographiques qui avaient pour cible Marie-Josée Roig, candidate RPR et adversaire au maire socialiste Guy Ravier. Quant à l’actuel ministre français de l’Intérieur, il était à l’époque adjoint au directeur général des services de la mairie d’Avignon et œuvrait pour la campagne électorale.

«Érections municipales»

En se réveillant, les habitants d’Avignon avaient découvert dans leurs boîtes aux lettres une bande dessinée intitulée «La dinde enchaînée» et «Érections municipales». Les personnages de la BD, notamment Marie-Josée Roig et le sénateur Alain Dufaut y étaient dépeints animalisés, l’une déguisée en dinde, l’autre en vautour, en train de s’accoupler.

Il y était reproché à Alain Dufaut son alliance avec un représentant du «F-haine» local, caricaturé sous la forme d’un chauve à brassard noir. Marie-Josée Roig était représentée au volant d’une voiture noire qui avait des lèvres pulpeuses à la place des pare-chocs.

«Casta,  […] on a fait une connerie»

Cette action avait provoqué la dépose de nombreuses plaintes, la justice s’axant par la suite sur cinq hommes, dont Christophe Castaner qui avait été notamment accusé d’avoir diffusé «les quelque 35.000 tracts» de «bandes dessinées véritablement pornographiques». Interrogé sur ce sujet en 2018 par le JDD, Christophe Castaner a défendu la version des faits à laquelle il avait été fidèle en 1995, selon Marianne:

«Un militant m’appelle vers minuit. Il me réveille et me dit : “Casta, je crois qu’on a fait une connerie.” Je n’avais pas vu la BD. Je me rhabille, je débarque et je dis stop!»

L’actuel ministre de l’Intérieur avait toutefois été condamné à une amende de 50.000 francs pour «diffamations et injures publiques envers particulier, fonctionnaire ou citoyen chargé d’un service public par parole, écrit, image ou moyen audiovisuel. Auxquels s’ajoutent 51.000 francs de dommages et intérêts à régler avec ses camarades éditeurs improvisés de bande dessinée à l’attention d’Alain Dufaut et Marie-Josée Roig», précise Marianne.Contacté par le média, Marie-Josée Roig a estimé qu’à l’époque elle avait été «très interloquée en découvrant ce tract, mais ayant une bonne connaissance de la population avignonnaise, j’étais aussi persuadée que cela ne prendrait pas, et ce fut largement le cas.»

Elle a conservé son poste de maire d’Avignon pendant 18 années consécutives.

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