Le Yémen, déjà ravagé par cinq ans de guerre civile, s’est enfoncé encore davantage dans le chaos samedi avec la prise du palais présidentiel à Aden par des combattants séparatistes, après plusieurs jours d’affrontements dans la grande ville du sud du pays.

Depuis mercredi, des affrontements opposent des combattants séparatistes aux soldats du gouvernement, et cela alors que tous sont alliés depuis 2015 au sein d’une coalition emmenée par le pouvoir saoudien à Ryad et le gouvernement émirati d’Abou Dhabi, pour lutter contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

« Nous avons pris le palais aux forces de la garde présidentielle sans un combat », a assuré à l’AFP un porte-parole d’une force militaire séparatiste appelée « Cordon de sécurité » et formée par les Emirats arabes unis.

S’il s’agit d’une prise surtout symbolique –le président Abd Rabbo Mansour Hadi et son Premier ministre se trouvent en Arabie Saoudite–, elle n’en marque pas moins un tournant, le ministère des Affaires étrangères yéménite ayant accusé les Emirats d’être « responsables du coup d’Etat » des séparatistes à Aden.

« Nous demandons aux Emirats de cesser immédiatement leur soutien matériel et militaire aux groupes qui se sont rebellés contre l’Etat », est-il précisé dans un tweet du ministère.

Selon des sources militaire et sécuritaire, des combattants séparatistes s’étaient déjà emparés plus tôt dans la journée de trois casernes des forces gouvernementales à Aden, où le pouvoir loyaliste a établi son siège, depuis que la capitale historique du pays, Sanaa, dans le nord, est aux mains des rebelles Houthis.

« Aujourd’hui, nous avons remporté une grande victoire dans la capitale Aden et 10 bataillons (de l’armée loyaliste) ont été battus », a déclaré Mokhtar al-Noubi, chef du 5e bataillon des séparatistes, entouré de membres de forces armées célébrant la prise du palais.

Les forces loyalistes n’ont pas communiqué sur d’éventuelles pertes à ce stade.

Etiquette: