Cet été encore, les trop rares forêts d’Arménie ont été la proie de violents incendies, dus autant à un episode caniculaire qu’à la negligence humaine.

Lundi 12 août, de nombreux pompiers, assistés de soldats de l’armée et de policiers, ainsi que d’employés des eaux et forêts, combattaient toujours les flammes qui menaçaient de s’étendre, au lendemain de cet incendie qui s’était déclaré dans une region du sud-est de l’Arménie. Selon le ministère arménien des situations d’urgence, le feu s’était déclaré dans l’après-midi de dimanche dans une zone boisée à des dizaines de kilometres au nord de Meghri, la ville la plus méridionale du pays, située sur la frontière avec l’Iran.

Selon un communiqué diffusé par le ministère, le sinistre avait déjà ravagé 12 hectares de terres recouvertes essentiellement de forêts, d’autant plus protégées en principes qu’elles relèvent de la reserve naturelle d’ Arevik.

Malgré les efforts déployés par les pompiers et autres soldats du feu, l’incendie n’a pu être contenu dimanche et a gagné du terrain tout au long de la journée. Aux 70 pompiers, assistés de 30 soldats et 45 policiers, s’étaient joints des dizaines de civils, des renforts qui ne sont pas de trop en raison de la nature du terrain, qui en rend difficile l’accès aux soldats du feu lourdement équipés, explique le communiqué.

Le ministre des Situations d’urgence Felix Tsolakian a convoqué un cabinet de crise pour faire face à la situation dans la soirée de dimanche, et une commission ad hoc a été constituée à l’issue de la réunion. Les autorités veulent à tout prix éviter le scenario catastrophe d’août 2017, quand des pans entiers des montagnes boisées de la reserve naturelle historique de Khosrov, au centre de l’Arménie, étaient partis en fumée, malgré les efforts déployés par les pompiers et malgré aussi l’aide de la Russie, qui avait envoyé un canadair. Cette assistance avait permis de circonscrire les incendies qui avaient aussi dévasté des forêts de la region de Vayots Dzor, plus au sud. Il semble que les feux survenus dans les forêts au nord de Meghri ne soient pas de la même intensité, mais le ministère reste vigilant, alors que des dizaines de departs de feu ont été signalés et combattus ces derniers mois.
Ces incendies soulignent la fragilité de la couverture forestière de l’Arménie, qui s’est réduite comme peau de chagrin au fil des deux dernières décennies. Sous l’effet de l’industrialisation, de l’agriculture et aussi d’une certaine incurie, les forêts de l’Arménie, qui avaient vu leur superficie réduite à 12 ou 13 % du territoire durant la période soviétique, ont encore cédé du terrain après l’indépendance. Les coupes sauvages opérées au début des années 1990 en raison des pénuries énergétiques leur ont porté un coup très sévère, dont ells ne se remittent qu’à peine, grâce notamment aux efforts déployés par des associations de la diaspora, comme Armenia tree project, qui s’emploie à developper et regular la silviculture et à agrandir la couverture forestière, qui se limite aujourd’hui à 9 % du territoire de l’Arménie. Annoncée en juillet dernier par Armenia tree project et le Centre Acopian pour l’environnement de l’Université américaine d’Arménie, la tenue en Arménie en octobre de la première conference mondiale dédiée à la forêt, avec la participation de specialistes de la protection des forêts et de la reforestation, constitue donc un événement. Ce “Sommet de la forêt : action mondiale et Arménie” se tiendra du 20 au 23 octobre à l’Université américaine d’Arménie à Erevan où alterneront conferences et dialogues constructifs autour des themes de la preservation et de la rehabilitation des forêts, en mettant l’accent sur les politiques à mettre en œuvre dans les différents pays concernés en function des équilibres naturels locaux pour faire renaître les forêts ou stopper la deforestation. A cet égard, l’Arménie, pays hôte de la conference, constitue à son echelle relativement réduite, un modèle en matière de reforestation.

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