Corrigé par les vérificateurs des faits du Monde au sujet de la scolarisation des petites filles en France, le ministre de l’Éducation nationale a insisté sur ses propos et s’est permis une sorte de blague au sujet des Décodeurs.

Ayant déclaré le 31 août qu’en raison du «fondamentalisme islamiste dans certains territoires», certaines filles allaient à l’école «le plus tard possible», Jean-Michel Blanquer a été corrigé sur ce point par les Décodeurs du quotidien Le Monde.

Et bien que dans leurs affirmations ces derniers se soient appuyés sur les chiffres de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le ministre de l’Éducation nationale a insisté sur sa vision de la question. Qui plus est, interrogé sur France Info sur l’inexactitude révélée dans ses propos par les Décodeurs, il a laissé entendre:

«J’entends souvent le mot Décodeurs mais parfois je me demande si y a pas une consonne qui est erronée.»

Qu’avait déclaré le ministre?

L’âge de l’instruction obligatoire ayant été abaissé en France à trois ans, le ministre a commenté la question en prévision de la rentrée scolaire:

«On veut que tous les enfants aillent à l’école maternelle. Aujourd’hui, il y a plus de petites filles que de petits garçons qui ne vont pas à l’école maternelle pour des raisons sociétales. Et puis appelons un chat un chat, le fondamentalisme islamiste dans certains territoires a fait que certaines petites filles vont à l’école le plus tard possible, ou avec une assiduité plus faible.»

Pourquoi les Décodeurs jugent que c’est faux?

Comme l’indique ce service de vérificateurs des faits du quotidien qui se réfère d’ailleurs à l’Éducation nationale, 97,6% des enfants étaient déjà scolarisés en France à l’âge de trois ans, précisant que dans certains territoires d’outre-mer ce chiffre était pourtant inférieur.

Qui plus est, en se référant à la DEPP, les Décodeurs indiquent que «filles sont plus nombreuses à bénéficier de la scolarisation précoce». Et si dans les classes préélémentaires et élémentaires elles sont légèrement moins nombreuses que les garçons, «ce n’est que le reflet de leur plus faible part dans les naissances», est-il indiqué.

«Et pourtant, elles représentent 50,3% des élèves scolarisés dès deux ans, ainsi que 48,9% de ceux de trois ans et 49,0% à quatre ans. Contrairement à ce qu’a dit Jean-Michel Blanquer, la proportion de petites filles non scolarisées en maternelle n’est donc pas supérieure à celle des petits garçons», concluent les Décodeurs dans leur article.

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