Les Etats-Unis ne font pas pression sur l’Arménie pour qu’elle réduise ses relations avec l’Iran voisin en raison des sanctions américaines contre Téhéran, selon le Premier ministre Nikol Pashinian.

Dans une interview au magazine franco-arménien « Nouvelles d’Arménie », publiée par son bureau de presse samedi, il a été demandé à Pashinian si les sanctions causaient de sérieux problèmes aux Arméniens.

« Je ne souhaite pas faire d’annonces tonitruantes, mais je crois que notre diplomatie a emporté une victoire très importante à ce sujet : il semble que nos partenaires américains ont vraiment bien saisi la question. Ils commencent à comprendre que l’Iran vu de Washington est une chose et vu d’Arménie en est une autre. »

« : Je peux dire qu’en ce moment, nous ne sommes pas soumis à ce genre de pression. L’Arménie ne subit pas de pression en tant qu’Arménie, mais elle fait partie de la communauté internationale, tout en étant un pays voisin de l’Iran. Je veux dire par là qu’il n’y a pas une approche uniforme ou monolithique et je suis heureux de voir que notre partenaire américain, a semble-t-il saisi avec davantage de profondeur le contexte dans lequel se situe l’Arménie. », a ajouté M. Pashinian.

Le président du Parlement, Ararat Mirzoyan, un proche collaborateur de Pachinian, avait fait des commentaires similaires lorsqu’il s’est rendu à Washington et a pris la parole devant le groupe de réflexion du Conseil Atlantique en juillet.

« Nous ne voulons pas que les États-Unis fassent pression sur l’Arménie pour qu’elle adhère à leur programme de sanctions contre l’Iran », avait dit M. Mirzoyan. Il avait fait valoir que l’Iran est l’un des deux voie de passage de son pays enclavé vers le monde extérieur en raison des frontières fermées avec les deux autres voisins musulmans : l’Azerbaïdjan et la Turquie.

Le conseiller américain pour la sécurité nationale, M. John Bolton, avait discuté des sanctions américaines avec M. Pashinian lors d’un voyage en Arménie en octobre 2018. M. Bolton avait déclaré que le trafic à travers la frontière entre l’Arménie et l’Iran deviendra un « problème important » parce que Washington appliquera les sanctions « avec beaucoup de vigueur ».

Pashinian avait ensuite clairement indiqué que son gouvernement « approfondit non seulement les relations économiques, mais aussi politiques » avec Téhéran. Il avait effectué une visite officielle en République islamique en février.

Lors d’une interview accordée lundi par l’agence de presse Armenpress, M. Pashinian a réaffirmé le vif intérêt d’Erevan pour la mise en œuvre des projets énergétiques irano-arméniens dans les principaux médias iraniens. Il a noté avec satisfaction la construction en cours d’une troisième ligne de transport qui reliera les réseaux électriques arménien et iranien.

Le dirigeant arménien a également souligné avoir invité le président iranien Hassan Rouhani à un sommet de l’Union économique eurasienne qui se tiendra à Erevan le mois prochain. L’Iran et le bloc commercial dirigé par la Russie ont signé un accord commercial préférentiel l’année dernière.

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