Le numéro deux du gaz russe Novatek a annoncé jeudi avoir bouclé le financement de son gigantesque projet de gaz naturel liquéfié, Arctic LNG 2, auquel participent notamment le français Total et des groupes chinois et japonais.

Les participants ont «approuvé la décision finale d’investissement» à hauteur de 21,3 milliards de dollars pour ce projet situé dans le nord de la Sibérie, qui doit produire son premier cargo de GNL en 2023, a indiqué Novatek dans un communiqué.

Ce projet a cependant un poids particulier pour Total puisque ce dernier détient également 19,4% du capital de Novatek, relate l’AFP. Sa participation économique totale dans Arctic LNG 2 s’élève donc à 21,6%.

Arctic LNG 2 est détenu à 60% par Novatek, aux côtés de Total (10%), des chinois CNOOC (10%) et CNPC (10%) et du consortium japonais Mitsui-Jogmec (10%).

Construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel en Arctique

Cette annonce survient pendant le forum économique de Vladivostok, Vladimir Poutine reçoit entre autres le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le Premier ministre indien Narendra Modi. Mercredi, Vladimir Poutine a ainsi invité l’Inde à participer à ses projets de production de GNL en Arctique.

Le projet consiste en la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel sur la péninsule de Gydan, dans la région arctique russe. L’usine, résolument tournée vers l’Asie, devrait conforter la position de la Russie comme nouveau poids lourd du GNL.

L’usine sera composée de trois trains de production. Le lancement du premier est prévu en 2023, et les deux autres respectivement en 2024 et 2026.

Il est prévu qu’Arctic LNG 2 atteigne une capacité de production de 19,8 millions de tonnes par an, soit 535.000 barils équivalent pétrole par jour, en puisant dans plus de sept milliards de barils équivalent pétrole de réserves d’hydrocarbures du gisement onshore de gaz à condensats d’Utrenneïé.

Novatek a précisé que le forage de puits, la construction de routes et d’infrastructures d’exploitation du gisement avaient déjà commencé.Le site d’Arctic LNG 2 se situe à une trentaine de kilomètres de Yamal LNG, méga-projet associant déjà Novatek, CNPC et Total, dont la production a démarré en décembre 2017.

Cette proximité permettra au nouveau projet de «bénéficier de synergies avec les infrastructures existantes mais aussi de synergies logistiques», précise Total dans un communiqué, le transport étant assuré par une flotte de méthaniers brise-glaces.

«Novatek a émergé comme un des acteurs clé du marché global de GNL avec le lancement couronné de succès de Yamal LNG», s’est félicité le patron de Novatek Leonid Mikhelson. «Aujourd’hui, nous avons effectué un autre pas en avant vers notre objectif de devenir un des plus grands producteurs de GNL dans le monde».

Le patron de Total Patrick Pouyanné a pour sa part déclaré que ce projet «permettra de fournir du GNL de manière compétitive aux marchés d’ici quatre ans».

«Arctic LNG 2 complète notre portefeuille en croissance de projets GNL compétitifs, fondés sur des ressources géantes à bas coûts de production et destinées principalement aux marchés asiatiques», a ajouté M. Pouyanné dans un communiqué de Total.

L’ingénierie du projet sera gérée par un consortium composé du franco-américain TechnipFMC, de l’italien Saipem et du russe NIPIGAS.

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