Le refus de la Russie d’extrader d’anciens responsables arméniens inculpés et la décision de l’Arménie d’accorder l’asile à un activiste anti-gouvernement russe ne sont pas un signe de discorde entre les deux pays alliés, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie arménienne, Zohrab Mnatsakanian.

« Les relations interétatiques entre la Russie et l’Arménie reposent sur des bases solides et cela n’a pas changé, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse. Nous avons des processus de nature juridique, mais au niveau interétatique, nous sommes en mesure de maintenir l’agenda important au cœur duquel notre intention est d’approfondir nos relations alliées. »

« Il n’y a pas et il ne peut y avoir d’interconnexion entre ces problèmes », a ajouté Mnatsakanian.

Il est apparu mardi dernier que le Service arménien des migrations avait accordé l’asile à un activiste anti-gouvernement russe qui s’était installé en Arménie en janvier après avoir purgé une peine de quatre ans d’emprisonnement en Russie. L’agence gouvernementale a justifié cela par le fait que le militant Vitaly Shishkin pourrait être persécuté pour ses opinions politiques en Russie.

Shishkin aurait été un membre éminent d’un mouvement nationaliste russe qui avait défié le président Vladimir Poutine et avait été interdit car extrémiste en 2015. Il a été arrêté en 2014 et condamné à quatre ans de prison pour avoir appelé à des « troubles de masse » visant à répandre un discours de haine. Un groupe de défense des droits de l’homme russe a reconnu Shishkin comme prisonnier politique.

La décision d’Erevan a été prise près d’un mois après que les autorités russes ont refusé d’extrader Mihran Poghosian, ancien haut responsable accusé de corruption en Arménie.

Moscou a également refusé à la fin de l’année dernière d’extrader Mikael Harutiunian, ancien ministre de la Défense arménien recherché par les autorités arméniennes, sous le coup d’une accusation de coup d’État. Il a fait valoir que Harutiunian est un citoyen russe.

Harutiunian, ainsi qu’un autre général arménien à la retraite, Youri Khachaturov, et l’ancien président Robert Kotcharian ont été accusés en juillet 2018 d’avoir utilisé illégalement des unités de l’armée arménienne contre des manifestants de l’opposition en mars 2008. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé les accusations, qui sont pour lui motivées politiquement.

En fin de semaine dernière, Poutine a tenu à s’adresser de nouveau Kotcharian à l’occasion de son anniversaire. Le président russe a décrit son ancien homologue arménien comme un « véritable ami de la Russie » qui avait « grandement contribué au développement de l’Arménie d’aujourd’hui ».

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