Trois Algériens incarcérés pour avoir bravé l’interdiction de manifester avec le drapeau berbère ont été remis en liberté après leur présentation au juge d’instruction, ont indiqué leurs avocats à la presse.

Arrêtés dans le cadre de l’interdiction de manifester avec le drapeau berbère, trois jeunes Algériens contre qui le procureur de la République avait requis des peines d’emprisonnement ont été relâchés par le juge d’instruction, ont fait savoir leurs avocats respectifs dans des déclarations à la presse.

Le premier, libéré le 9 août, est Hakim Aïssi, emprisonné depuis le 5 juillet à la prison de Sidi Othmane à Mostaganem, dans l’ouest de l’Algérie. Le procureur avait requis contre lui deux ans de prison ferme. Le deuxième, Nadir Fetissi, contre lequel le procureur près le tribunal d’Annaba avait requis une peine de dix ans de prison ferme, a été acquitté le 8 août. Le dernier, Massil Djaha, qui se trouvait à la prison de Batna, dans l’est de l’Algérie, depuis le 30 août, a été également remis en liberté par le juge d’instruction le 9 août.Le jeudi 5 septembre, d’autres détenus, Amokrane Challal, Aouissi Mustapha, Kichou El Hadi et Samira Messouci ont été entendus par le juge d’instruction du tribunal de Sidi Mahmed, à Alger, pour le même chef d’accusation. Leurs avocats ont  fait montre d’optimisme au terme de leur audition, laissant entendre une possible libération dans les prochains jours.

Une trentaine d’autres détenus demeurent incarcérés depuis fin juin à la prison d’El Harrach, à Alger, en attendant leur jugement.Contrairement aux positions dénonçant la décision du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée algérienne, d’arrêter toute personne manifestant avec un drapeau autre que celui national, le député Abou el-Fadel Baâdji a affirmé à Sputnik que le chef de l’armée n’avait pas visé particulièrement le drapeau berbère, «mais tous les drapeaux en dehors de l’emblème national».

«Le général Gaïd Salah est lui-même berbère du fait qu’il est originaire de la région de Chaouia, dans l’est de l’Algérie», a-t-il précisé. Concernant le drapeau berbère, M.Baâdji a souligné que «c’est surtout celui du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), un mouvement séparatiste, qui était visé par les propos du chef de l’armée».

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