Un Taïwanais, qui avait disparu après son passage le mois dernier en Chine continentale au départ de Hongkong, fait l’objet d’une enquête pour des activités «portant atteinte à la sécurité nationale», a déclaré mercredi Pékin.

Chinese army servicemen with the national flag attend the opening ceremony of the airborne platoon competition, part of the International Army Games 2017, at Guangshui, Hubei province, China, July 30, 2017. China Daily via REUTERS ATTENTION EDITORS – THIS IMAGE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. CHINA OUT. NO COMMERCIAL OR EDITORIAL SALES IN CHINA.

L’annonce intervient dans un contexte tendu : des manifestations pour des réformes démocratiques depuis juin dans le territoire chinois semi-autonome de Hongkong (sud) et des tensions récurrentes entre le gouvernement chinois et les autorités de Taïwan.

Les proches de Lee Meng-chu n’ont plus de nouvelles de lui depuis son entrée le 19 août en Chine continentale par la grande ville de Shenzhen, frontalière de Hongkong, selon le gouvernement taïwanais. Mais l’organe du gouvernement chinois chargé des questions relatives à Taïwan a fait savoir mercredi au cours d’une conférence de presse régulière que l’homme avait été appréhendé. «Lee Meng-chu fait l’objet d’une enquête car il est soupçonné de s’être livré à des activités criminelles portant atteinte à la sécurité nationale», a dit Ma Xiaoguang, un porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises, sans fournir de précisions.

La Chine considère Taïwan comme une de ses provinces. L’île est dirigée par un régime rival qui s’y était réfugié après la prise du pouvoir des communistes sur le continent en 1949, à l’issue de la guerre civile chinoise. Peuplé d’environ 23 millions de personnes, en très grande majorité d’ethnie chinoise Han comme en Chine continentale, le territoire n’est pas reconnu en tant qu’Etat indépendant par l’ONU. Les relations sont particulièrement tendues entre le continent et Taïwan depuis l’élection en 2016 sur l’île de la présidente Tsai Ing-wen, membre d’un parti qui milite traditionnellement pour l’indépendance.

Le bureau de la présidence taïwanaise a souligné dans un communiqué être «très préoccupé par notre citoyen Lee Meng-chu qui est détenu par la Chine». La Chine continentale a renforcé ces dernières semaines ses contrôles à sa frontière avec Hongkong, une ex-colonie du Royaume-Uni rendue à la Chine en 1997 et qui bénéficie d’une large autonomie. Le mois dernier, un employé du consulat britannique à Hongkong a été détenu pendant deux semaines côté continent, dans un contexte de relations bilatérales tendues, Pékin dénonçant régulièrement les «ingérences» de Londres dans les affaires intérieures de ce territoire.