Le ministre japonais de l’Environnement a été blâmé, mardi, par sa hiérarchie après avoir présenté comme inévitable le rejet en mer de l’eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima, ravagée par le tsunami de mars 2011.

La décontamination de l’eau stockée à la centrale de Fukushima, ravagée par le tsunami de mars 2011, reste un casse-tête pour le gouvernement japonais. Mardi 10 septembre, le ministre de l’Environnement Yoshiaki Harada  a été blâmé par sa hiérarchie après avoir présenté comme inévitable le projet très controversé de rejet en mer de l’eau pleine de tritium.

Lors d’un point de presse, Yoshiaki Harada a expliqué aux journalistes que « le rejet en mer était le seul moyen », tout en ajoutant qu’il s’agissait « d’un simple avis » et que « le gouvernement dans son ensemble allait en discuter prudemment ».

Le porte-parole de l’exécutif, Yoshihide Suga, a immédiatement réagi, qualifiant de « personnels » les propos de Yoshiaki Harada, lequel fait partie des personnalités qui devraient quitter mercredi l’équipe du Premier ministre Shinzo Abe à l’occasion d’un remaniement ministériel prévu depuis longtemps.

Le ministre n’a cependant rien dit de bien nouveau. Rejeter à la mer le million de tonnes d’eau pompée dans les installations radioactives de Fukushima et conservée dans des citernes sur le site est une hypothèse ouvertement envisagée depuis plusieurs années. En 2016, une commission d’experts mandatés par le ministère japonais de l’Industrie (Meti) avait conclu que cette option était « la solution la plus rapide et la moins onéreuse », sans exclure d’autres moyens « faisables » bien que plus longs et coûteux.

La commission d’experts du Meti avait calculé qu’il faudrait sept ans et quatre mois pour se débarrasser de cette eau dans l’océan après dilution, pour un coût évalué à 3,4 milliards de yens (28 millions d’euros), alors que les autres techniques coûteraient de 10 fois à 100 fois plus pour une durée allant de huit à treize ans.

En l’état actuel, il n’est pas décidé de diluer cette eau en mer car les concentrations en tritium et autres radionucléides de l’eau en partie décontaminée restent au-delà des normes, a précisé récemment à l’AFP un fonctionnaire de ce même ministère. « L’eau a besoin de satisfaire les standards » internationaux avant d’être éventuellement rejetée à la mer, a souligné cette source. L’eau non conforme va de nouveau être filtrée.La compagnie Tepco estime de son côté que les citernes seront pleines en 2022, mais étudie des solutions pour augmenter encore le stockage, même si l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) presse le gouvernement japonais d’agir. Dès 2014, l’AIEA avait conseillé l’option « du rejet contrôlé en mer ».

Une autre commission gouvernementale japonaise examine depuis 2016 l’hypothèse en s’interrogeant sur les dommages collatéraux sur l’image du Japon et l’impact sur les secteurs de la pêche et de l’agriculture.

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