Taïwan et les Kiribati ont rompu vendredi leurs relations après que le petit archipel du Pacifique eut décidé de reconnaître Pékin, dans une nouvelle victoire pour la diplomatie chinoise.

Il s’agit de la seconde du genre, cette semaine, pour le gouvernement chinois qui vient d’obtenir que les Îles Salomon changent également leur fusil d’épaule. «Les Kiribati nous ont officiellement notifié aujourd’hui leur décision de rompre leurs relations diplomatiques avec notre pays», a déclaré aux journalistes le ministre taïwanais des Affaires étrangères Joseph Wu lors d’une conférence de presse. «Nous annonçons également que nous renonçons à nos relations avec les Kiribati». Il s’agit à nouveau d’une victoire pour Pékin à moins de deux semaines du 70ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Taïwan a déjà rompu lundi ses relations avec les Iles Salomon après avoir appris que le nouveau gouvernement de cet Etat du Pacifique avait décidé de reconnaître la Chine populaire.

La Chine continentale et Taïwan sont dirigés par des régimes rivaux depuis 1949 et la fuite sur l’île des nationalistes de Tchang Kaï-chek après leur défaite face aux troupes communistes de Mao Tsé Toung. Pékin voit toujours Taïwan comme partie intégrante de son territoire susceptible d’être reprise par la force. Les deux rives du détroit de Formose se considèrent, chacune, comme la véritable «Chine», ne laissant la possibilité aux autres pays du monde que d’en soutenir une seule. La liste des pays toujours liés à Taipei s’est considérablement réduite au fil des décennies, pour tomber à 15, dont quatre Etats du Pacifique, en prenant en compte la décision des Kiribati. Joseph Wu a jugé vendredi «profondément regrettable» la décision de l’archipel, en précisant que tous les projets bilatéraux de coopération et tous les programmes d’aides seraient immédiatement arrêtés.

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