L’association Fonds Josefa est accusée d’avoir mené clandestinement des études cliniques sur des patients souffrant d’Alzheimer et de Parkinson. Les patchs qui devaient traiter ces maladies neurologiques ont été vendus au prix de 1.500 euros à des patients.

Des «patchs» étaient vendus 1.500 euros à des patients victimes des essais cliniques «sauvages» pratiqués dans une abbaye près de Poitiers, a annoncé lundi 23 septembre la Miviludes, instance de lutte contre les dérives sectaires, confirmant une information du Parisien.

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a affirmé lundi à l’AFP avoir reçu «trois signalements, entre novembre 2018 et février 2019», ayant permis d’avertir les autorités concernées.Selon ces signalements, «trois soirées, sur trois lieux différents» ont été organisées «pour des professionnels de santé» susceptibles d’avoir parmi leurs patients des personnes atteintes des maladies neurologiques concernées, a déclaré Anne Josso, secrétaire générale de la Miviludes.

Pour ces patients, «des patchs circulaient sous le manteau, vendus au prix de 1.500 euros», a-t-elle affirmé.

Lors de ces soirées, l’objectif assumé était de «lever des fonds pour le financement d’un médicament en cours de développement», ce «pour le fonds Josefa», selon elle.

«On y mélangeait religieux et médical», avec un «discours scientifique» permis par «une sorte de “révélation”», a-t-elle ajouté.

«Essais cliniques sauvages» interdits

L’Agence du médicament (ANSM) a révélé le 19 septembre avoir interdit «un essai clinique sauvage» selon elle d’une ampleur rare, avec des molécules testées sur des patients, via des patchs, dans l’espoir de traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil…). Cet essai «illégal» était mené par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président est le Pr Henri Joyeux, contesté par la communauté médicale notamment à cause de ses positions anti-vaccins.Selon l’ANSM, l’expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l’espoir de traiter ces maladies neurologiques.

Jeudi, le Pr Joyeux a réfuté le terme d’essai clinique, évoquant une «étude scientifique préalable à un essai clinique».

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