Arrêtée à Montpellier pendant l’acte 45 des Gilets jaunes le 21 septembre, une observatrice de la Ligue des droits de l’Homme a été remise en liberté un peu plus tard. Elle est poursuivie pour «rébellion, participation à une manifestation avec le visage dissimulé, et refus de se soumettre aux prélèvements ADN». Son procès aura lieu le 12 décembre.

L’observatrice de la Ligue des droits de l’Homme, Camille Halut, a été interpellée et placée en garde à vue samedi 21 septembre au cours d’une manifestation à Montpellier, le jour de la 45e mobilisation des Gilets jaunes qui s’est tenue dans de nombreuses villes de France, comme le montrent plusieurs photos et vidéos partagées sur les réseaux sociaux.

Des vidéos du moment de son interpellation ont été prises et diffusées sur les réseaux sociaux, montrant une femme avec un casque comportant l’inscription «observateur» et une chasuble où il est écrit «Ligue des droits de l’Homme».

Contacté par CheckNews, le procureur de la République de Montpellier, Fabrice Bélargent, a indiqué qu’elle avait été libérée le lendemain matin suivant son interpellation. Le parquetier a aussi énoncé au média que l’observatrice était accusée de «rébellion, participation à une manifestation avec le visage dissimulé, et refus de se soumettre aux prélèvements ADN» lors de sa garde à vue.

À son tour, Mme Halut a livré sa version au média: «J’étais en train de m’approcher de l’unité de CRS pour constater une saisie de matériel ou une fouille. J’étais à quatre mètres environ quand un commissaire est venu me demander mon matériel. J’ai refusé.» Elle a ajouté qu’elle s’est mise à crier après avoir été emmenée au milieu du dispositif de sécurité par un policier, qui, selon elle, «a avancé ses mains pour prendre [son] masque à gaz».

D’après une vidéo, partagée par le média montpelliérain Gazette Live, alors qu’elle venait d’être arrêtée, l’observatrice s’est écrié: «Je suis observatrice de la Ligue des droits de l’Homme, je refuse de donner mon matériel de protection!»

«Je me suis contentée de décrire à voix haute ce qui se passait, à la presse et aux personnes présentes pour attirer leur attention», a expliqué l’observatrice à CheckNews, notant qu’elle n’opposait pas de résistance à son interpellation. En outre, elle a souligné qu’elle ne mettait son «masque à gaz que quand il y avait des lacrymo».

Le procès est fixé

Le média relate que Camille Halut n’est pas passée en comparution immédiate, lundi 23 septembre. C’est pourquoi le procès aura lieu jeudi 12 décembre, comme l’a annoncé le procureur au service de vérification des faits de Libération. En outre, l’observatrice a expliqué à CheckNews qu’elle ne pouvait pas récupérer son matériel avant cette date. Matériel qui, selon elle, a été confisqué lors de son interpellation. Il s’agirait de son téléphone portable et de son appareil photo, en plus de son matériel de protection.

Un autre procès

Contacté par le média, le président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, Michel Tubiana, annonce qu’il plaidera pour défendre l’observatrice dans un autre procès, qui aura lieu mardi 1er octobre à Montpellier, pour «entrave à la circulation» lors de l’acte 11.

L’acte 45

L’acte 45 a eu lieu en marge de la marche pour le climat. Parallèlement, une manifestation contre la réforme des retraites s’est également déroulée dans la capitale française.

Les forces de l’ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes en début de matinée et tout au long de la journée en plusieurs endroits de la capitale. Dans l’après-midi, la police a constaté la présence d’«individus violents» réalisant des «exactions» dans le cortège.

Un dispositif équivalent à celui du 1er mai avait été déployé par crainte de violences, d’après le préfet.

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