Hayk Harutiunian, ancien chef de la police arménienne, a été retrouvé tué par balle à son domicile, ont annoncé mardi les autorités chargées de l’application de la loi.

Le comité d’enquêt a révélé que Harutiunian avait reçu une balle dans la tête quand des policiers l’ont découvert dans sa maison à Bjni, un village situé à 45 km au nord d’Erevan, lundi soir. Ils ont également trouvé un pistolet et une cartouche usée se trouvant à côté de lui, peut on lire dans une déclaration publiée par le comité.

Celle-ci ajoute que les forces de l’ordre mènent une enquête sur un suicide résultant de menaces, d’humiliation ou de négligence. Les enquêteurs ont déjà interrogé des « témoins » et établi que Harutiunian « avait consommé une quantité considérable d’alcool » avant sa mort.

Harutiunian a dirigé la police arménienne de 1999 à 2008, sous le régime de l’ancien president Robert Kotcharian. Il dirigeait deux autres agences de sécurité après le remplacement de Kotcharian par Serge Sarkissian en avril 2008. Le jeune homme âgé de 63 ans n’avait occupé aucun poste dans l’État depuis sa démission en 2014 en tant que chef de la division du ministère de la Justice chargée de la gestion des prisons.

Harutiunian était un témoin clé dans une enquête en cours sur les violences postélectorales de mars 2008 à Erevan, au cours desquelles huit manifestants de l’opposition et deux membres de la police ont trouvé la mort. Contrairement à Kotcharian et à d’autres anciens hauts fonctionnaires, il n’a pas été arrêté ni inculpé à la suite de la « révolution de velours » de l’année dernière qui a renversé Sarkissian.

Citant des sources anonymes, deux sites d’information arméniens ont affirmé que peu de temps avant sa mort, Harutiunian s’était plaint à une autre personne qu’il était soumis à la pression des autorités pour qu’il fasse un faux témoignage incriminant contre Kotcharian et un officier de police à la retraite.

Naira Harutiunian, porte-parole du comité d’enquête, a assuré que ces affirmations étaient fausses. Elle a ajouté que des enquêteurs avaient interrogé une personne non identifiée qui « se trouvait avec [Harutiunian] sur le lieu de l’incident ».

Dans un autre article, Harutiunian a annoncé que le comité d’enquête avait demandé aux auteurs des deux reportages de s’interroger sur « les circonstances de l’affaire, sous réserve de clarification ».

Pendant ce temps, des habitants de Bjni qui connaissaient Harutiunian ont personnellement exprimé leur étonnement à la nouvelle de sa mort. Le maire du village où Harutiunian aurait passé la majeure partie de son temps ces dernières années a déclaré qu’il ne s’attendrait jamais à ce que l’ancien général de la police se suicide.

« Je ne peux pas l’imaginer faire cela », a-t-il reagit au service arménien de RFE /RL. « Ce n’était pas un gars faible, il était un gars très dur. »

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