Ce mardi, les Démocrates ont engagé un processus de destitution de Donald Trump, l’accusant d’avoir fait pression sur un dirigeant étranger à des fins électorales. Cette procédure, qui n’a été utilisée que deux fois dans le passé, a-t-elle une chance d’aboutir?

«Les actes du Président jusqu’à ce jour ont sérieusement violé la Constitution.» – Anne Deysine, spécialiste des États-Unis.

Après les accusations de collusion avec la Russie, d’obstruction de la justice, de plaintes pour agressions sexuelles, une nouvelle casserole vient s’ajouter à la liste déjà longue de celles que traîne Donald Trump.

Mardi 24 septembre, les Démocrates ont officiellement lancé une procédure visant à destituer l’actuel Président des États-Unis. Au cœur de cette affaire, la demande de Donald Trump au nouveau Président ukrainien, Vladimir Zelensky, au mois de juillet, d’enquêter sur Hunter Biden, fils du candidat démocrate Joe Biden.

Ses adversaires accusent Donald Trump d’avoir utilisé des ressources diplomatiques américaines à des fins électorales. En effet, du temps où Joe Biden était vice-Président, il était responsable du dossier ukrainien. Ce dernier aurait alors demandé que soit renvoyé le procureur général d’Ukraine, qui travaillait alors sur une enquête mettant en cause une compagnie de production de gaz, Bursima. Là où les choses se corsent, c’est que parmi les membres du conseil d’administration de la société figurait… Hunter Biden, son fils.

​Donald Trump avait, au mois de juillet dernier, demandé au Président ukrainien d’enquêter sur le fils de Joe Biden afin de trouver des éléments pouvant potentiellement compromettre le candidat Démocrate, favori des sondages. Néanmoins, suite au signalement en août d’un lanceur d’alerte, membres des services de renseignements, les Démocrates ont eu écho de cette affaire et espèrent désormais la retourner contre lui. En effet, il y a, selon eux, matériel à destituer le 45e Président des États-Unis dans cette affaire, car il y aurait potentiellement une violation de la Constitution consistant à faire pression sur un pays souverain à des fins de politique intérieure. Une tâche qui semble pour l’heure compliquée, car c’est le Congrès qui doit soumettre la procédure, mais c’est le Sénat qui se charge du procès, et il est totalement contrôlé par les Républicains qui sont, pour le moment, toujours fidèles à Donald Trump.

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