Le pape François a marqué ce lundi sa volonté de « former » de simples fidèles compétents – hommes et femmes – à qui serait conféré « un ministère » (une fonction reconnue) de lecture de la Bible, une recommandation valorisant le rôle des femmes dans les célébrations liturgiques sans toutefois leur ouvrir la porte à la prêtrise.

Si des femmes sont fréquemment conviées à faire des lectures au cours de messes, elles ne sont pas considérées comme ayant reçu pour cela une mission explicite de l’Eglise. Le « ministère du lectorat », défini par Paul VI en 1972, reste, en dehors du prêtre, réservé aux hommes.

Le pape François a publié ce lundi une lettre apostolique qui institue un « dimanche de la Parole de Dieu », fin janvier, destiné à faire mieux connaître la Bible aux fidèles catholiques. « Les Evêques pourront, en ce dimanche, célébrer le rite du lectorat, ou confier un +ministère+ similaire, pour rappeler l’importance de la proclamation de la Parole de Dieu dans la liturgie », écrit le pape François.

« Il est fondamental de faire tous les efforts nécessaires pour former certains fidèles à être de véritables annonciateurs de la Parole avec une préparation adéquate », a-t-il ajouté, dans son « motu proprio ».

Un membre de la Curie, chargé de préciser le sens de cette lettre papale, a spécifié que ces fidèles laïcs spécialement formés pouvaient être des hommes ou des femmes. « Nous savons comment cela se passe dans nos églises: la première personne disponible est appelée à faire la lecture », décrit Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Mais « la parole de Dieu doit trouver des personnes, femmes, hommes, qui sont capables d’une parole authentique et d’une intelligence du texte sacré en le proclamant », a précisé Mgr Fisichella, dans une interview diffusée par le Vatican.

Lors d’un synode consacré à la Bible fin 2008, les évêques avaient jugé « souhaitable que le ‘ministère du lectorat’ soit ouvert aux femmes ». Mais le pape de l’époque, Benoît XVI, n’avait finalement pas retenu cette proposition.

L’idée de mettre davantage à contribution des hommes et femmes, dans des régions isolées en manque de prêtres, est inscrite dans les travaux du synode (assemblée d’évêques) sur l’Amazonie, qui s’ouvrira le 6 octobre pour trois semaines.

Le document préparatoire suggère notamment « d’identifier le type de ‘ministère’ officiel qui peut être conféré aux femmes ». Et il s’interroge sur la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés d’âge mûr, préférablement « autochtones ». Des idées très contestées par les cercles conservateurs catholiques.

Lien

Etiquette: ; ;