Une boue multicolore, une odeur pestilentielle… Après avoir filmé son intervention lors de l’incendie sur le site classé Seveso de Lubrizol à Rouen, un pompier a raconté à France 2 ce qu’il a découvert sur place en présentant ses vidéos. Face à l’ampleur de la catastrophe, le soldat du feu regrette le peu de protections respiratoires fournies.

L’un des pompiers de Seine-Maritime étant intervenus sur l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen qui s’est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre, a témoigné sous couvert d’anonymat à France 2 de certains détails de la catastrophe, comme l’a relaté la chaîne lundi 30 septembre au soir.

Dans une interview au média, le soldat du feu a décrit les conditions extrêmement difficiles de l’intervention et a montré des vidéos prises au moment de l’incendie et quelques heures après.

«Très rapidement, on se rend compte que cela va être une intervention hors norme», décrit ce pompier, impressionné par l’ampleur de la catastrophe. Selon lui, l’incendie provoquait «des flammes de plus de 20 mètres de haut», «un panache impressionnant» et le lendemain c’était «une boue de toutes les couleurs» qui provient des milliers de fûts éventrés.

Le soldat du feu a indiqué qu’il avait du mal à circuler dans cette masse épaisse et multicolore issue du mélange de l’eau et des fûts d’hydrocarbures stockés dans l’usine, dont l’odeur pestilentielle provoquait des maux de tête chez les pompiers. En outre, certains d’entre eux ont été pris de vomissements.

Après avoir constaté les conséquences de l’incendie, le pompier a considéré que lui et ses collègues n’auraient pas dû être envoyés si près du brasier, compte tenu du peu de protections respiratoires lors de l’intervention.

«Quand on voit l’ampleur du sinistre, qu’on voit que ce sont des milliers de fûts qui sont éventrés, une boue de cinq à dix centimètres au sol, de toutes les couleurs, une zone chaotique, on se rend compte de l’ampleur de la catastrophe et on commence à se poser des questions. Qu’est-ce qu’il y a dans les fûts? Est-ce qu’il y a un risque pour moi? Je n’ai rien à y faire, il aurait fallu qu’on soit bien plus loin. […] On n’aurait pas dû être aussi près avec un pauvre masque en papier», déplore-t-il.

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